mercredi 11 avril 2018

Histoires décapantes, parution n° 4 par Serge Boudoux






La Tour  Sarrazine.


Montauroux. ( Var )


On sonne à mon portail je me réveille en sursaut l'esprit encore embrumé, le portable posé sur mon chevet indique quinze heures.
En maudissant celui ou celle qui ose ainsi assassiner ma sieste je regarde à travers les persiennes qui filtrent le soleil écrasant. Mon cœur s'accélère, deux hommes en pantalon de toile, chemisette à manches courtes et serviette en cuir attendent patiemment en pleine chaleur. Ils viennent sans doute pour m'arrêter mais qui m'a dénoncé ?
 je pensais naïvement que personne n'était au courant de cette histoire hallucinante mais malheureusement on est toujours rattrapé par son passé, surtout quand il est récent !                                                             

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Tous les matins je parcours plusieurs kilomètres dans la forêt qui borde le lac de Saint Cassien ou au cœur de la pinède, descendant parfois la colline boisée  qui rejoint la rivière la Siagne et le merveilleux petit pont romain, il m'arrive même de monter jusqu'à Saint Cézaire, trois heures et demie de marche allez retour. Comme les histoires imaginées pour mes livres cannibalisent mon cerveau, souvent je m'égare au milieu des bois . De plus en plus distrait un jour mes pas m'ont conduit à l'endroit où tout a commencé.

Sans trop savoir comment je suis arrivé là je me suis retrouvé sans le vouloir nez à nez ou plutôt nez à mur avec une ruine que les gens du village appelle la Sarrazine, une ancienne tour de guet qui n'a sans doute jamais vu de sarrasins ou alors il y a bien longtemps, et n'a par conséquent de Sarrazine que le nom. Il ne reste de la bâtisse initiale  qu'une muraille arrondie se terminant en triangle auquel je m'adosse, assis sur un gros rocher. J'accorde généreusement un Z à Sarrazine pour donner une connotation plus exotique à l'objet.

Perché au sommet d'une falaise cet endroit magique domine un ravin vertigineux profond de plusieurs centaines de mètres au fond duquel coule la Siagne. Sur l'autre versant à un ou deux kilomètres à vol d'oiseau le village de Saint Cézaire me fait face, en bas au loin à droite la chapelle Saint Saturnin semble un jouet perdu au milieu de nulle part, l'aqueduc à ciel ouvert qui achemine l'eau potable à Grasse et Cannes court à travers les bois comme une longue balafre, une cicatrice qui confère au flanc de la colline le charme viril des terrains d'aventure réservés aux baroudeurs.

Je m'assieds, subjugué par la beauté du lieu, séduit par le silence et les odeurs fleuries et décide de venir désormais écrire là chaque jour.

Dès le lendemain vers 10 h j'arrive enfin à ma tour Sarrazine, n'ayant aucun sens de l'orientation j'ai eu beaucoup de peine à retrouver l'endroit,.

Quelle n'est pas ma déception de constater qu'un homme est déjà assis sur mon gros rocher ! Je l'ai détesté tout de suite avec sa quarantaine robuste, ses cheveux roux fournis et frisés contrastant avec ma chevelure blanche qui se raréfie.

J'allais repartir lorsqu'il s'est levé et m'a dit:

- Je vous laisse la place elle est toute chaude. Vous êtes l'écrivain, non ? j'ai parcouru un de vos romans, il semble bien écrit mais je n'aime que les traités d'économie et la science fiction, de toutes façons je n'ai pas le temps de lire, mes affaires occupent tout mon temps et lorsqu' une décision importante mérite ample réflexion je viens méditer ici !

Pourquoi les gens se sentent-ils obligés d'annoncer j'ai aimé ou non vos écrits, apprécieraient-ils qu'on leur dise  j'aime ou je n'aime pas votre tête, d'autre part un livre est comme une femme il ne se parcourt pas distraitement, il faut lui accorder du temps, le découvrir patiemment en l'effeuillant lentement, page après page, se laisser envahir totalement  par sa séduction discrète jusqu'à l'aboutissement et l'éblouissement ultimes sinon on l'abandonne à d'autres plus susceptibles d'apprécier son charme.

Il est parti, j'ai sorti l'ordinateur de mon sac à dos et travaillé à mon nouveau recueil de nouvelles une grosse heure jusqu'à ce que la batterie déclare forfait.

Je n'ai pas revu l'homme les deux jours suivants.

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Le troisième jour sur le coup des onze heures soudain j'eus l'impression d'être observé.

Je levai la tête de mon clavier, elle était là, silencieuse, attentive et me regardait.

Comment vous décrire cette sublime apparition ? Elle ressemblait à Pocahontas, ses longs cheveux bruns encadraient un visage bronzé dans lequel se détachaient de beaux yeux noirs.
J'ai tout de suite adoré son style de sauvageonne, sa silhouette sportive. Elle devait être âgée de quarante ans environ, l'âge de l'éveil au monde pour les femmes : arrivées à  cette période de leur vie les pauvrettes commencent à réaliser qu'il y a d'autres hommes que leur décevant mari  sur terre mais n'ont pas encore appris que les amants ne valent pas mieux une fois passée la lune de miel adultère.
Elles comprennent généralement très vite.

Elle paraissait confuse de m'avoir dérangé et a détalé sans prononcer un mot, un instant j'ai cru avoir affaire à une hallucination.

Le lendemain elle est revenue, s'est assise à dix mètres de moi. Je jetais de petits coups d'œil sournois dans sa direction, elle fixait le paysage silencieusement puis est partie. Cette nuit là j'ai rêvé d'elle mais contrairement à ce que dit la chanson elle est vraiment très belle elle n'est pas faite pour moi.

Le surlendemain à mon arrivée la Sublimissime était déjà arrivée, tenant dans sa main le tome trois de ma trilogie d'Eden ayant pour titre Ainsi soit-elle . Pour la première fois elle m'a parlé : 

- Vous êtes l'auteur de ce livre ?

Je ne me suis pas étonné qu'elle me reconnaisse, on s'habitue vite à la célébrité, même toute relative.

- Oui.

- Je l'ai lu trois fois c'est une vraie friandise et un grand privilège de voyager ainsi dans votre esprit.

- Merci.

Sa voix douce et son adorable petit accent chantant comme un pépiement d'oiseau me parurent très sensuels.

- Je serais très honorée que vous acceptiez de me le dédicacer, je suis tellement heureuse de vous rencontrer.

J'ai écrit sur la première page:

A celle qu'on voit apparaître

une seconde à sa fenêtre

et qui preste s'évanouit

mais dont la svelte silhouette

et si gracieuse et fluette

qu'on en demeure épanoui !


et  j'ai signé "Serge".

Elle a pressé le bouquin sur son cœur puis est partie, j'étais déjà accro.

Le reste de la journée m'a semblé interminable, j'avais hâte d'être au lendemain. C'était un samedi, elle n'est pas venue. En état de manque, désespéré et malheureux je n'ai pas écrit une seule ligne. Le dimanche c'est moi qui n'ai pu respecter ce rendez-vous informel  n'osant pas dire son nom, j'ai haï les amis qui ont passé cette journée avec nous  et m'ont privé de ma groupie forestière.

Lundi matin, impatient comme un lycéen qui se rend à son premier flirt j'ai marché aussi vite que possible, mon cœur battait vite et fort, je pensais " et si elle ne venait pas" ?

 Elle était déjà là, ses beaux yeux semblaient mélancoliques, secrètement ils m'adressaient des messages, j'entendais des regards qu'elle croyait muets.

- Serge, vous m'avez manqué terriblement.

Un moment j'ai douté de mes oreilles, moi sexagénaire mûr quoi que bien conservé je pouvais donc être la cause d'un petit chagrin pour cette splendide apparition?

 A ma grande confusion j'avoue que j'en fus ravi. Si je ne pouvais songer à caresser un espoir je n'étais tout de même pas fâché d'inspirer des regrets.

Elle s'est blottie tout contre moi, je ne savais plus ce qui m'arrivait. Je l'ai gardée ainsi longtemps serrée dans mes bras elle sentait bon, une senteur envoûtante, j'aurais donné le restant de ma vie pour que ce moment dure toujours. 
Depuis des années mon cœur qui avait déjà assez fait de bêtises était à la retraite lui aussi, il semblait ne jamais pouvoir se réveiller et c'était très bien ainsi. Soudain il me trahissait, prêt à faire des folies pour une inconnue dont je ne connaissais même pas le nom. Elle s'est dégagée doucement de mon étreinte, a caressé mon visage de ses longs doigts fuselés et a disparu dans les bois.

Mardi matin elle est venue, s'est hissée sur la pointe des pieds pour effleurer mes joues et le coin de ma bouche avec ses  lèvres joliment dessinées et m'a interrogé:

- Je peux vous poser une question?

- Bien sûr.

- Dans votre livre, au chapitre "comme un vol de gerfauts"  Eden votre héroïne accompagne Eric et Camille qui gênent ses ambitions au sommet d'un immeuble en construction et les pousse dans le vide au risque de tomber avec eux.

- Oui.

- Je me demandais… et puis non vous allez vous moquer de moi.

- Pourquoi me moquerais-je ?

- Vous ne rirez pas, promis ?

- Promis.

- Je me demandais si un homme aurait eu le courage de commettre un tel acte pour Eden. Je n'ai pas une très bonne opinion des hommes en général, peu d'entre eux seraient capables d'une telle preuve d'amour.

- Une preuve d'amour?

- Quelle plus belle preuve que risquer sa vie pour celui ou celle qu'on aime ?

Sa petite moue ravissante m'a fait craquer, à cet instant j'aurais poussé tous les habitants du village  dans ce ravin si elle l'avait exigé.

J'ai pensé aux vers de Victor Hugo :

         

Je ne sais pas si j’aimais cette dame
Mais je sais bien
Que pour avoir un regard de son âme
Moi, pauvre chien
J’aurais gaiement passé dix ans au bagne
Sous les verrous
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.


Sous les verrous, ce petit sonnet était prémonitoire.

Je ne sais pas ce qui m'a pris, peut-être un besoin de me valoriser je me suis entendu lui dire:

- Si un jour quelqu'un vous fait du mal je lui casserai la tête.

Une telle promesse ne coûte pas cher et fait toujours plaisir.

- Merci Serge je suis très touchée mais parlons de choses plus agréables. J'ai adoré bien d'autres passages dans votre livre, en particulier celui où vous parlez du Burkini, puis celui  où vous décrivez le dernier homme qui tue son dernier frère et votre conclusion: la plus grande ruse du diable est de faire croire qu'il n'existe pas. Je n'avais encore jamais ressenti une telle osmose intellectuelle et émotionnelle avec aucun homme.

"Chose plus agréable" pour elle serait donc le dernier homme tuant son dernier frère, curieux non? En tout cas cette cuillerée de miel pour mon égo m'attacha davantage à elle que le tonneau de vinaigre de ma voisine se plaignant quelquefois acrimonieusement des aboiements de mes chihuahuas.


Mercredi matin. Toute triste elle me dit:

- Il ne faudrait plus que nous nous voyions mon mari commence à être jaloux, mais personne ne m'empêchera de venir ici j'ai trop envie d'être près de vous.

Elle était donc mariée et prenait le risque de déplaire à son époux pour moi. Alléluia! Je me suis souvenu des paroles du dernier centenaire de la commune qui aurait bien aimé finir sa vie  tué par un mari jaloux justement, il avait 109 ans mais ne faisait pas son âge, on lui en aurait donné 105 tout au plus hé hé. C'est toute la grandeur de la race humaine que de vouloir plaire jusqu'à son dernier souffle. Contrairement à ce que l'on prétend la vieillesse n'est pas seulement le déclin de la curiosité, est vieux celui ou celle qui a renoncé à plaire ou à convoiter le sexe opposé.


Jeudi matin. Ma fée sylvestre n'est pas là, de lourds nuages sombres obscurcissent le ciel, quelques grosses gouttes mouillent le sol, un éclair déchire l'horizon le tonnerre gronde, des idées noires brouillent ma concentration et mes réflexions. Ces quelques vers empruntés,  à peine modifiés et particulièrement adaptés à mon état d'esprit surgissent de ma mémoire: ( ce sont les derniers, promis )


Dieu fasse que ma complainte aille tambour battant
lui parler de la pluie lui parler du gros temps
auquel on pourrait tenir tête ensemble
lui conter qu'un certain coup de foudre assassin
dans le mille de mon cœur a laisser le dessin
d'une petite fleur qui lui ressemble

Vendredi matin. Elle était là, des larmes coulaient de ses beaux yeux noirs.

- Je me suis disputée avec mon mari à cause de vous, j'ai peur de lui il est violent.

Je l'ai prise dans mes bras:

- Voulez- vous que j'aille lui expliquer que sa jalousie est idiote, il n'a rien à craindre du vieil homme que je suis.

Je ne crois pas une seconde qu'un sexagénaire soit un vieillard mais j'avais envie qu'elle me rassure je n'ai pas été déçu. Sa réponse m'a bouleversé :

- Il y a plus de séduction et de charme dans un de vos petits doigts que dans tout son gros corps dégoûtant et son esprit grossier.

- Qui est votre mari ?

- X… V… Vous l'avez rencontré une fois ici-même il y a une dizaine de jours.                                                      

L'image de l'homme assis sur mon rocher, méditant avant de prendre une décision concernant ses affaires m'est revenue en tête, je n'ai pas de lui le souvenir d'un être grossier ou violent, mais il faut vivre avec quelqu'un pour le connaître vraiment, les tyrans domestiques sont souvent adorables en dehors de leur foyer.


Samedi matin, elle est arrivée et s'est tenue loin de moi, son beau visage était défiguré par des traces sombres. Elle m'a supplié :

- Ne vous approchez pas, je suis trop laide, hier soir il m'a frappée lorsque je lui ai dit que je vous avais revu.

Cette histoire devenait complètement folle, non ?

Le ketchup (condiment stimulateur de colère plus doux que la moutarde) m'est monté au nez :

- Je vais allez le voir et lui expliquer qu'il n'y a rien entre nous.

- Il ne vous croira pas, je lui ai avoué l'attirance que j'ai pour vous.

Tout le dimanche j'ai ruminé, je sentais confusément la catastrophe arriver, le souvenir du minois adorable défiguré par les coups m'obsédait.


Lundi matin.

L'homme trapu aux cheveux roux fournis et frisés était assis sur mon rocher, ça sentait le règlement de compte et la bagarre. A mon arrivée il m'a tout juste gratifié  d'un regard rapide, a détourné la tête et d'une voix lasse m'a dit :

- Bonjour, vous allez bien?

 Il s'est levé pour me laisser la place et s'est avancé de deux pas vers le bord de la falaise, sur le côté gauche où aucun arbre amortisseur n'a pu s'enraciner.

Je le détestais mais mes sentiments envers lui allaient bien au-delà de la détestation. Je le haïssais pour cette  politesse mielleuse précédant vraisemblablement les insultes et le concours de claques, pour sa jeunesse, ses cheveux et, vous allez rire mais qu'il puisse se tenir ainsi tout près du précipice m'humiliait, moi je ne pourrai jamais réaliser un tel exploit je souffre d'acrophobie pathologique appelée aussi peur du vide ou plus improprement vertige.

 Mes yeux étaient fixés sur ses grosses mains croisées dans son dos, ces objets dégoûtants  qui avaient osé  souiller le beau visage de ma sublime princesse. Sans tourner la tête il a prononcé avec une gentillesse qui me parut hypocrite :

-  Votre livre avance comme vous voulez ?

A ces mots j'eus une sensation désagréable, manifestement il me prenait pour un abruti, je n'ai pu dominer ma colère, une voix douce terriblement sensuelle a résonné, à défaut de me raisonner, dans mes oreilles :

 " Quelle plus belle preuve d'amour que risquer sa vie pour celui ou celle qu'on aime."

En une seconde tout mon vernis superficiel de civilisation s'est évaporé, j'ai poussé l'homme dans l'abîme, il a disparu de mon champ de vision, happé par le ravin. J'ai pensé au vers de Heredia " Comme un vol de gerfauts …." vous connaissez la suite.

Pas un seul instant je n'ai eu de remords, je suis rentré chez moi avec la satisfaction du devoir accompli, il avait fait du mal à ma fée il méritait donc que je lui casse la tête comme promis. Il faut toujours tenir ses promesses.

Par prudence je ne suis pas retourné pendant une semaine à la tour Sarrazine, le temps que les choses se tassent. Les premières recherches n'aboutirent pas, on  supposait le mari ailleurs. Le corps fut retrouvé plusieurs jours plus tard par des promeneurs, son crâne avait éclaté sur un rocher après une chute de près de trente mètres.

Chaque après-midi je vais acheter trois baguettes tradition à la boulangerie Lou Pan d'Aqui vers 16 h, heure peu commune me direz-vous la majorité des gens prennent leur pain vers midi. Moi je préfère ce moment où la fournée de l'après-midi me garantit de trouver des baguettes odorantes sortant tout juste du four.
 Ce jour là quand je suis arrivé j'ai dit à Carole et Marie "bonjour les bibiches" comme à mon habitude, il y avait un peu de monde deux dames respectables aux cheveux bleutés permanentés discutaient entre elles en attendant leur tour.

- Le pauvre garçon sera vite remplacé, je le connaissais bien, plus brave que lui cela  n'existe pas.

- Oui, maintenant la voici riche et libre, depuis le temps qu'elle courait avec tous les Don Juan  du canton pendant qu'il se tuait au travail pour payer ses caprices, récemment il lui avait offert une décapotable et je ne te parle pas des vêtements de luxe, des voyages ou des bijoux…!

J'ai demandé à l'une d'elles en redoutant la réponse:

 - De qui parlez-vous ?

- Ah ces écrivains toujours perdus dans leurs rêves ! Vous ne savez pas que Monsieur V….. l'homme d'affaires disparu lundi dernier a été retrouvé mort ce matin  au fond d'un ravin? vous êtes bien le seul de tout le village ! Il a dû glisser en se promenant. C'était un enfant du pays tout le monde l'aimait beaucoup et le plaignait, il était malheureux en ménage. Sa femme, une très jolie métisse qu'il avait sorti de la misère en la ramenant d'Argentine ou du Pérou je ne sais plus, est une belle garce plus ou moins psychopathe. Libre et riche, veuve joyeuse maintenant elle va pouvoir vivre la grande vie qu'elle souhaitait.

 Elle a rajouté à voix basse sur le ton de la confidence :

- Il parait aussi qu'elle avait essayé de séduire un jeune de la commune pour le manipuler et le pousser à tuer son mari, bon sujet de roman vous ne croyez pas ? Heureusement il aurait réagi à temps, enfin c'est ce qui se murmure, moi je ne vous ai rien dit.

Demain j'irai à la tour Sarrazine, Pocahontas sera sûrement là pour se blottir dans mes bras, je n'ai pas cru un mot de ce que j'ai entendu à la boulangerie, les gens sont si méchants…

Vous vous en doutiez peut-être, le lendemain et les jours suivants elle n'était pas là. Vous allez me trouver suspicieux mais à la réflexion je me demande si les traces noires montrées de loin par ma princesse sud-américaine étaient vraiment dues à des coups sur son visage, mais qu'importe.

 Louis Bouilhet me pardonnera d'avoir emprunté et travesti ses vers, ( oui, bon cette fois ce sont vraiment les derniers)


Moi j'ai fui ce chagrin, oublié la traîtresse
Et par aucun regret mon cœur ne fut brisé
Ce que j'aimais en elle c'était ma propre ivresse
Je boirai d'autres vins qui sauront me griser.


Elle n'a jamais été dans ses jours les plus rares
Qu'un banal instrument sous mon archet vainqueur
Et comme un air qui sonne au bois creux des guitares
J'ai fait chanter mon rêve au vide de son cœur
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 On sonne à mon portail, je me réveille en sursaut, des pulsations folles cognent dans ma poitrine à un rythme proche de celui occasionné par une belle tachycardie, le portable posé sur le chevet indique quinze heures. En maudissant l'insolent ou l'impertinente qui ose ainsi assassiner ma sieste je regarde à travers les persiennes qui filtrent le soleil écrasant
. Deux hommes en pantalon de toile, chemisette à manches courtes et serviette en cuir patientent en pleine chaleur. Ils viennent sans doute pour m'arrêter mais qui m'a dénoncé? je pensais naïvement que personne n'était au courant de cette histoire hallucinante! A moitié endormi, le cerveau embrumé, la bouche pâteuse, cherchant fébrilement dans mes contacts le numéro de mon avocat je dis à ma femme:

- J'y vais !

Je m'approche du portail et respire l'air parfumé à pleins poumons, certain de vivre mes derniers instants de liberté. Un des deux hommes me tend une brochure et me dit d'une voix forte :

- Nous annonçons la parole de Dieu qui dit aux hommes "réveillez-vous"!

 Son interpellation me secoue, mes idées s'éclaircissent, remis en ordre de marche mon esprit redevient lucide, je réalise enfin.

L'histoire de ma rencontre avec Pocahontas et ce qui en a suivi était un beau rêve, beau mais tout de même un peu inquiétant par ce qu'il révèle du contenu de mes fantasmes, non?

Soulagé je réponds à l'expert en télétransmission de parole divine :

- Vous tombez bien  justement je dormais.

Les deux hommes étaient des témoins de Jéhovah.

Réfrénant une grande envie de les embrasser je prends toutes leurs brochures : Réveillez-vous, La Tour de garde, Le nouveau testament pour les nuls, Jésus Christ chez les naturistes, Aimez-vous les uns dans les autres, au royaume des dieux aveugles les démons borgnes seront rois etc… en garantissant de les lire avec ferveur et je leur offre à boire.
 Après deux ou trois verres qu'ils ne purent refuser venant d'un disciple aussi prometteur, ils prirent congé précipitamment lorsque je prétendis, pourtant innocemment, que Jésus après sa résurrection était apparu d'abord à des femmes pour que la nouvelle se répande plus vite.

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 Quelques mois plus tard j'emmenai mes petits-enfants jusqu'à la tour Sarrazine rebaptisée, pour attiser leur curiosité, " l'endroit secret ".

 Après leur avoir fait prêter serment et jurer-cracher de ne jamais révéler son emplacement, les préados adorent le genre  " cercle des poètes disparus" ou " club des cinq ",  nous montons et parvenons sur les lieux. Arrivés là je les mets en garde:

-  Ne vous approchez pas du bord, les rochers sont glissants. Timothée fais attention ne pousse pas ta sœur tu vas la faire tomber dans le ravin.

Il a tourné sa tête vers moi et j'ai lu dans ses yeux une grande joie à cette évocation, ou était-ce encore une interprétation malicieuse de mon esprit ?


Au moment où nous allions partir une jeune femme est venue s'assoir sur un tronc d'arbre mort couché à une quinzaine de mètres de nous, ses longs cheveux bruns encadraient un visage bronzé dans lequel se détachaient de beaux yeux noirs.

Il m'a semblé qu'elle tenait à la main le tome trois de ma Trilogie d'Eden intitulé Ainsi soit-elle !


La petite Ambre a chuchoté à mon oreille:

- Papy, tu as vu la dame là-bas ? elle est trop belle. Elle ressemble à Pocahontas.



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Ces histoires sont extraites du livre :

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Prochaine parution :  Histoire cochonne...


mardi 10 avril 2018

MORESTEL au coeur d'un thriller fou !

 
Extrait du second livre ( attention ça pique un peu )
 

Une jeune femme sublimissime

 
Vendredi 23 juillet 2010, 13 h. 302 jours avant la tragédie.

 
  Patrice Villemagne gare sa Ford Focus sur le parking à moitié vide de l'Intermarché de Morestel ( Isère). Au loin on distingue parfaitement la Dent du chat, un sommet montagneux dominant le lac du Bourget, cette vision lui rappelle ses vacances d'enfant, il entend encore la voix rocailleuse de son grand-père, sentencieux.

   - Quand on voit la Dent du chat c'est qu'il va pleuvoir !

   Pour le moment il fait très beau, Papi n'avait pas toujours raison.

   Quand je dis "sa" Focus, moi Henri le Précis je devrais plutôt dire celle de sa mère. 
                    
  Patrice sort de la maison d'arrêt de La Talaudière (Loire), où il était en détention préventive depuis deux mois et risquait de ne pas en ressortir avant bien longtemps. Ce bon garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche selon sa génitrice, excellent ouvrier menuisier pour son patron, est accusé d'avoir agressé une randonneuse dans un bois au-dessus de Saint Etienne. Il l'a laissée pour morte après l'avoir violée et étranglée. Il n'avait rien de personnel contre elle bien sûr, pour une fois il se trouvait là par hasard et sans arrière-pensée mais en la voyant marcher avec ses jolies fesses musclées se tortillant devant lui et sa petite queue de cheval se balançant de gauche à droite la tentation fut la plus forte.

 Malheureusement pour lui, il ne serra pas assez fort ni assez longtemps le joli cou douillet de sa victime, qui reprit connaissance un peu plus tard et donna l'alerte. Pas de chance, pour une fois qu'il "opérait" près de chez lui il loupa son coup. Il fut rapidement identifié, à Saint Etienne tout le monde se connait et arrêté le 16 mai 2010 au petit matin.

   Il eut beau expliquer qu'il s'agissait d'une relation sado-maso ayant mal tourné, mais entre adultes consentants, le juge d'instruction ne fut pas convaincu du tout, trouva immédiatement qu'il y avait une étrange similitude entre cette affaire et un des meurtres par arme blanche commis cinq jours auparavant près de Moissac, sur la personne d'une autre femme originaire du Québec pèlerinant sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Un gros couteau opinel aiguisé comme un rasoir trouvé sur lui lors de son arrestation ne plaida certes pas en sa faveur. Dans l'attente des résultats des diverses enquêtes et analyses diligentées le présumé innocent fut placé en détention provisoire à l'issue de sa  garde à vue malgré les efforts louables mais vains de l'avocat commis d'office, sa voiture resta immobilisée aux fins de recherche de preuves et les journaux se délectèrent du sujet.

   Patrice fut soulagé d'être mis à l'abri, le mari de la marcheuse ayant juré de lui faire la peau. Il se tint tranquille en priant le ciel sans trop d'espoir pour que personne ne fasse le lien avec de nombreuses autres agressions perpétrées dans des départements lointains et se laissa pousser la barbe pour ressembler à un islamiste radical ou plutôt à un délinquant radicalement islamisé, nouvelle mode en prison.                                                                                                              
A sa grande surprise, le lundi 19 juillet, son avocat vint lui dire qu'il était libéré pour une sombre histoire de fax en manque d'encre qui conduisit à ce qu'un document indispensable pour le renouvellement de sa détention provisoire ne parvint jamais à son destinataire.

   Il ne comprit pas trop la subtilité administrative mais le fait est que par suite d'une erreur de procédure il se retrouva libre. La presse se déchaina, le gouvernement fut interpellé, l'opposition réclama la démission de Madame Alliot-Marie garde des sceaux, le président Sarkozy fustigea l'institution judiciaire coupable de laxisme selon lui, alors qu'il s'agissait seulement d'un manque de moyens. Pas de crédits pour la justice, la cinquième puissance économique mondiale était tout simplement au bord de la faillite, le premier ministre François Fillon l'avait récemment avoué. Bref, il y eut un beau bordel. La photo de Patrice avec une barbe de deux mois fit la une de tous les journaux télévisés, les chaînes d'infos en continu prirent position 24 h devant le logement de sa mère où il se réfugia puis passèrent à autre chose, une actualité chasse l'autre.

 Madame Villemagne mère, veuve depuis 5 ans et Stéphanoise depuis toujours, resta  persuadée de l'innocence de son rejeton de 39 ans qui invoqua un complot contre lui, théorie fourre-tout fonctionnant toujours.

 De nombreux humains se figurent que des sociétés secrètes manipulent leur destin individuel ou collectif, ce concept commode permet d'expliquer tous les échecs de l'existence et exonère les perdants de la vie de toute responsabilité personnelle. D'après leurs délires Auschwitz était une aimable colonie de vacances, les Américains ne sont pas allés sur la lune, les avions du 11 septembre 2001 n'ont pas fait tomber les Twin Towers, les pyramides ont été construites par des extraterrestres, Elvis Presley et Michael Jackson sont toujours vivants et Patrice Villemagne est une pauvre victime. Tous ceux qui pensent le contraire font partie d'un vaste dessein à la finalité obscure, c'est Le Complot !

   Albert Einstein avait une idée forte parfaitement applicable à ces élucubrations : « Deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine mais en ce qui concerne l'univers je n'en n'ai pas encore acquis la certitude absolue. »

   Sacré Albert, je l'ai un peu connu dans les années 50, vous comprendrez plus tard comment, ce n’était pas le mauvais gars mais il se la pétait un peu. Il avait le même prénom que mon pote du Gers mais la ressemblance s'arrête là, la seule théorie de la relativité développée par mon vieux copain  concerne les quantités relatives d'eau et de Pastis à verser dans un verre pour ne pas noyer l'apéro. Il faut toutefois se méfier, il y a de faux complots et de vraies conjurations !

   Certaines mamans sont aveugles ou ne veulent rien voir. Celle de Patrice lui conseilla de se mettre au vert, lui prêta sa voiture, les clés de la petite maison en pisé située à Morestel dont elle avait hérité l'année dernière de ses parents morts tous deux à quelques mois d'intervalle et lui remit un petit pécule qui devait permettre au fils "persécuté par la société" de survivre le temps que la situation s'éclaircisse. Elle s'imagina que sa libération était la preuve de la reconnaissance officielle de son innocence.

   C'est ainsi que le jeudi 22 juillet en début de soirée il prit la route en toute légalité après s'être rasé, méconnaissable et se dirigea vers la douce petite ville dauphinoise où il pensait pouvoir se faire oublier quelque temps. Pendant son voyage de deux heures il eut l'impression et peur d'être suivi mais comme il arriva sans encombre il se traita d'idiot, n'y pensa plus et s'endormit du sommeil du juste après avoir fait sommairement son lit avec les draps prêtés par sa mère.

   Vendredi il part au ravitaillement vers 13h, l'heure creuse pour les supermarchés.  Bien qu'il ne connaisse personne et que le risque d'être identifié à Morestel soit proche de zéro, il préfère assurer en choisissant un moment propice  pour faire ses courses. Il ne craint pas la justice, il est libre officiellement, mais les menaces du mari de sa dernière victime résonnent toujours désagréablement dans ses oreilles.        

  A tout hasard il met dans sa poche son gros opinel qui peut faire la différence, un homme avec un couteau à la main a souvent le dernier mot dans une discussion avec un homme désarmé, hé hé.

   Il gare donc tranquillement sa Ford Focus sur le parking presque désert de L'Intermarché de Morestel, route de Passins et condamne les portes avec la télécommande. Un Range Rover blanc se gare juste à côté de lui. La plaque d'immatriculation est en partie cachée par la boue mais on distingue parfaitement le sigle "PACA 83".

   Son cœur s'accélère soudain.

   Une jeune femme sublimissime, la qualifier de simplement sublime serait lui faire injure, descend de la Rover et lui décoche un sourire ravageur.

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Patrick Villemagne n'a pas été avantagé par la nature m'a-t-on dit. De taille moyenne, rondouillard, crâne partiellement dégarni sur le dessus, affligé d'un léger strabisme, dents jaunes un peu gâtées, il a eu d'autant moins de chance que s'il a été doté d'un physique ingrat et d'une timidité maladive il a été également pourvu d'un gros membre viril et d'un appétit sexuel hors du commun, une vraie malédiction.                                                                                                                             
Il ne connut d'abord de l'amour et ce dès son adolescence, que des masturbations compulsives en visionnant des films pornographiques, puis paya des prostituées  qui l'expédiait en quelques minutes en le laissant sur sa faim. Insatiable il avait besoin de temps pour assouvir ses multiples besoins.

   Plus tard il essaya d'avoir une relation authentique avec une vraie femme qu'il rencontra sur internet. Ils correspondirent plusieurs semaines et ne purent bientôt plus se passer l'un de l'autre, en fait ils ne purent plus se passer des mails échangés où ils s'inventaient une personnalité, un profil et une vie idéales le tout aidé par des photos un peu arrangées plutôt flatteuses. Tout se déroula bien jusqu'au premier rendez-vous physique avec elle à Lyon. Ils se retrouvèrent dans un bar, sur la porte d'entrée était écrit : Ici on peut apporter ses baisers. Il en avait un plein sac avec lui.

   La fille n'était pas jolie mais lucide, elle avait conscience de son peu d'attraits. Elle  le trouva nettement moins séduisant que sa photo ne le laissait prévoir mais il semblait gentil, timide et comme elle voulait vraiment rompre sa solitude elle l'invita à boire un dernier verre chez elle, erreur grave. La situation changea subitement, il s'enflamma et voulut tout de suite passer aux choses sérieuses. N'ayant jamais compris que les films porno étaient de la fiction, il croyait vraiment que les femmes étaient toujours disponibles et prêtes à se plier à tous les fantasmes de tous les hommes de passage, quel que soit leur nombre ou leur apparence.

   S'il avait été doux, attentionné et câlin peut-être aurait-il pu séduire sa correspondante, mais il se conduisit comme les mâles lubriques agissent dans ces films qui constituaient pour lui sa seule référence comportementale, brutal et agressif comme seul un timide qui se lâche peut l'être. Il fut tout étonné de la rébellion de la fille qu'il considéra comme une profonde frustration  et une grande injustice, lui serra le cou puis la relâcha juste avant qu'elle ne suffoque totalement, après avoir pris un pied d'enfer en se sentant le maître et éjaculé dans son caleçon. Il la traita de salope en regrettant qu'elle n'en soit pas une et menaça de revenir finir le travail si la demoiselle parlait à qui que ce soit de sa mésaventure. Terrifiée elle promit tout ce qu'il voulut  pourvu qu'il parte et jura mais un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus.

   L'orgasme ressenti étant plus fort que tout ce qu'il avait connu jusque-là, il tint à renouveler l'expérience mais incognito, perruque blonde, fausse moustache, loin de chez lui. Il changea d'adresse mail, l'ancienne disparut des réseaux, exit les approches trop identifiables sur le web, il devint chasseur de plein air. Ce fut le début d'une longue série d'agressions impunies sur des femmes seules rencontrées au hasard de ses traques, surtout des joggeuses ou des randonneuses,  jusqu'au viol presque meurtrier qu'il effectua à visage découvert car totalement improvisé et pour lequel il fut arrêté...

 

 

 Montez deux minutes

 
Le sourire de la sublimissime conductrice de la Rover est vraiment adressé à lui !                                        
Il n'en croit pas ses yeux, sent son sexe durcir, la jeune femme dégage déjà un caddie de la file et se dirige vers l'entrée du magasin. Il se fige sur place, sonné.
 Elle porte une jupe en cuir noir qui s'arrête à mi-cuisses mettant ses longues jambes en valeur et comble de l'érotisme pour lui, elle est chaussée de bottines noires .                                                                                                                                                                   Un homme siffle sur son passage et dit distinctement :

   - Nom de dieu, celle-ci je la baiserais bien !

   La jeune femme se retourne, sourit et répond.

   - Vous me baiseriez "bien", vous voulez sans doute dire " volontiers ".

   Un clin d’œil appuyé accompagne cette répartie manifestement bien trop subtile pour être appréciée par l’intellect primitif de son grossier admirateur. Non contente d'être belle elle est intelligente.

   Le sang cogne dans les oreilles de Patrice. Il dégage à son tour un chariot et pénètre dans l'Intermarché. Comme un automate, la tête pleine d'images inavouables il fait ses courses et se présente à la caisse. L'inconnue est juste derrière lui. Maladroitement il se retourne, apeuré il croise son regard et  détourne  la tête immédiatement. C'est un grand timide ! Malade, il est malade d'envie. Elle a un minois adorable, des cheveux châtains dorés, des yeux verts, un nez légèrement retroussé, des lèvres sensuelles. Sa poitrine qui jappe à la lune semble lui dire « Viens ! ».

   La caissière le ramène sur terre.

   - 71 € 47. Vous avez la carte du magasin ?

   Il balbutie

   - Je ne sais pas. Non, je ne crois pas.

   La carte de réduction du magasin est bien loin de ses préoccupations fantasmatiques et impérieuses. Il paie, se dirige vers sa voiture et charge ses emplettes dans son coffre. L'inconnue arrive, enfourne un sac dans son Range, seule sa croupe somptueuse dépasse de la portière, provocante.

 Patrice n'en peut plus, elle est trop belle, il lui la faut, son cerveau passe en mode reptilien, ses besoins primaires prennent le dessus. Personne ne le connait ici, nul ne pourra le soupçonner. Tant pis il repartira "après" et racontera une histoire pour expliquer son retour prématuré à sa mère toujours prête à croire son fils quoi qu'il dise. Pour lui, seule compte son envie de cette femme maintenant, plus rien n'a d'importance, hier n'existe plus, demain n'existera peut être jamais, il vit uniquement dans le présent. Aujourd'hui il la veut, sa mécanique perverse est enclenchée, le gentil garçon passe la main au monstre froid.

   Bien sûr, les analyses ADN ont compliqué l'activité de violeur, après réflexion il pense même qu'il sera certainement identifié mais il s'en fout. Au point où il en est, que risque-t-il de plus ? La peine de mort n'existe plus et c'est très bien ainsi, de toutes façons il sera vraisemblablement condamné à une lourde peine pour tout le reste, alors un peu plus un peu moins ! Si la peur du châtiment dissuadait les criminels cela se saurait. Son acte pourra même accréditer la thèse de la folie et de l'irresponsabilité, de plus il en a envie, ce qui clôt la discussion. Les gens normaux hésitent entre le bien et le mal, Patrice lui a un curseur qui fluctue entre un peu moins de mal et un peu plus d'horreur, il fonctionne en binaire : j'ai envie j'y vais. L'avis et la vie de l'objet de ses désirs ne compte pas.

   Après avoir rangé son caddie il se décide. L'inconnue s'apprête à grimper dans sa voiture, il l'aborde timidement.

   -Vous êtes contente de votre Rover ? Je vais peut-être en commander une.

   - J'adore cette voiture. Elle a une voix douce un peu enrouée et très sensuelle, qui le fait frissonner.

   Elle s'installe sur son siège, se penche, dévoilant en partie une poitrine divine et ouvre la portière côté passager.

- Montez deux minutes vous verrez mieux l'intérieur.

   Sa jupe est retroussée découvrant largement ses cuisses bronzées. Il sent qu'il va baver d'un moment à l'autre, quelques zones profondes de son cerveau s'activent et incitent son sexe à prendre le commandement des opérations. Il s'assoit, déplie rapidement son opinel, tourne fébrilement la bague de verrouillage de la lame et pique le flanc de la jeune femme.

   - Démarre ! Vite ou je te plante !

 

Ton pire cauchemar

 

   Elle démarre sans un mot. Instantanément les premières mesures de la cinquième symphonie de Beethoven, celle qui commence par pam pam pam pam, emplissent l'habitacle.

   - Eteins la radio ! Il ne supporte pas la musique.       

   La sagesse bouddhiste enseigne : « Quand un voleur rencontre un saint il ne voit que sa poche. » Patrice lui ne perçoit d'un paysage que les endroits propices à abriter une agression opportune. En venant il a remarqué une petite cabane en pierres abandonnée un peu à l'écart, il l'a mémorisée "au cas où", pour lui c'est un réflexe.  C'est là qu'il compte bien profiter longuement de sa prisonnière avant de la tuer. Joueur, il alterne le couteau ou la strangulation selon son inspiration. Celle-ci il va l'étrangler, il ne la loupera pas, il aime sentir la vie de ses victimes s'éteindre sous ses doigts. Certains jours bénis, le moment où la pulsation de la carotide se meurt déclenche une de ses éjaculations, le summum du plaisir. Maintenant il bave réellement.

   - Tourne à droite. Prends le petit chemin à gauche. Gare-toi là. Sors de la voiture.  Il commande, elle obéit docilement, il est grisé par cette sensation unique de puissance.

   Ils entrent dans cette masure délabrée comme il y en a tant dans le Dauphiné. Au début du 20e siècle les agriculteurs construisaient  des abris au milieu des champs avec des pierres trouvées sur place et y rangeaient des outils, s'y abritaient du soleil ou du mauvais temps en cassant la croûte.

   Le gros opinel menaçant à la main, il se croit le maître du jeu, comme toujours. La simple vue du couteau devrait paralyser la fille. A ce moment, il peut décider de la vie et de la mort de sa prisonnière, il se prend pour Dieu.

   - Comment t’appelles-tu ?

   - Eden et toi tu es Patrice.

   Il est stupéfié, comment cette fille inconnue peut-elle connaitre son prénom, il commence à être mal à l’aise. De plus elle ne semble pas le craindre, son plaisir va être gâché, il aime sentir la peur chez ses proies, il tente de reprendre l’ascendant.

   - Tu t'appelles Eden ? Ça n'existe pas, personne ne s'appelle comme ça ! Tu me prends pour un con, quel est ton vrai nom !

   - Aujourd'hui pour toi et toi seul, je suis "ton pire cauchemar".

   Décidément, rien ne va comme il le souhaite. D'habitude les femmes qu'il agresse tremblent, le supplient, pleurent, prélude et rituel indispensables à son plaisir mais là rien. Eden le fixe avec un air amusé, indifférente à sa situation désespérée.

   - Déshabille-toi !                                                                                                                                            

   Eden ne bouge pas, ses yeux verts le dévisagent intensément, son sourcil droit légèrement surélevé lui donne un petit air démoniaque.

   - Déshabille-toi ou je te plante ! 

   - Vas-y, plante-moi petit mec, pauvre type, tu es déjà mort et tu ne le sais pas.

   Elle doit être folle, il est bien vivant, elle ne va pas tarder à s'en rendre compte. Il conçoit un nouveau scénario, il va la tuer d'abord au couteau et s'amuser ensuite longuement avec son corps, son jouet merveilleux, sa chose. Grandiose, il trouve son idée grandiose. Il allonge le bras pour la poignarder, la main droite de la jeune femme effectue un balayage savant, sa main gauche accompagne le mouvement, bloque le bras armé, il ressent une douleur terrible dans l'épaule puis est amené à terre où il est obligé de se coucher, pris dans un étau irrésistible. Il gémit.

   - Tu as très mal ? demande-t-elle gentiment.

   - Tu m'as cassé le bras.

   - Mais non, juste une petite tendinite de l'épaule. Serais-tu douillet ?

   - Je t'emmerde Salope. 

   - Tu n'obtiendras rien par la flatterie, je vais t'apprendre la politesse.

   Elle talonne son épaule douloureuse avec sa bottine, recule de deux pas, puis shoote avec force entre ses jambes. La souffrance est telle qu'il vomit.

   - Ecoute-moi enfoiré, je t'ai suivi depuis ton départ de Saint Etienne. Dès que j'ai appris ta libération scandaleuse je n'ai eu qu'une préoccupation, débarrasser la planète de ta présence. Pour moi tu es un cafard que je vais écraser. Les juges manquent d'encre pour leur fax, moi je vais régler le problème, pas besoin d'écritures ni de papier, la solution finale sera économique et écologique.

Il redevient un bon gosse et pleure comme un enfant.

 - Qu'est-ce que je vous ai fait madame, je ne vous connais pas, je n'avais pas l'intention de vous faire du mal.

   - Tu n'as pas compris, tu ne peux pas me faire de mal, je suis trop forte pour toi, je veux simplement exécuter ma sentence. Je t'ai reconnu coupable de viol et tentative de meurtre sur la personne d'une femme sans défense et condamné à mort pour l'ensemble de ton  œuvre, je présume que tu n'en étais pas à ton coup d'essai. Tu ne mérites pas de vivre, Loïc. Choisis ta mort, couteau ou strangulation ?

   - Je m'appelle Patrice, vous vous trompez d'homme, madame.

   - Patrice ou connard, pour moi tous les salopards de ton espèce se prénomment Loïc, comme mon frère aîné qui m'a violée dans mon enfance.

   Elle pose sa bottine droite sur la trachée de son condamné et appuie. Un gargouillis sort de la bouche de l'homme. Elle relâche la pression.

   - Tu veux dire quelques mots ? Je respecte les droits de la défense !

   - Vous êtes trop belle, je n'ai pas pu résister, mais je suis innocent pour tout le reste, c'est un complot contre moi.

   - Ben tiens donc, bien sûr que tu es innocent ! La randonneuse de Saint Etienne a sans doute tenté de se suicider en s'étranglant toute seule et Brigitte Lévesque la Canadienne de Moissac dans le Tarn et Garonne tu t'en souviens ?

   Malgré la douleur il tente de réfléchir, Moissac ne lui évoque rien, mais la liste de ses victimes est suffisamment longue pour excuser un oubli, il bredouille.

   - Je vous jure que je ne sais pas de qui vous parlez.

   Elle sourit, complice.

   - Là, je te crois et pour une bonne raison, la salope de canadienne de Moissac c'est moi qui l'ai "opérée", mais tu vas porter le chapeau à titre posthume, ton juge d'instruction va être ravi de constater qu'il avait vu juste.

   Il tente de se relever, il ne peut s'appuyer sur son bras la souffrance est trop forte, il retombe dans l'herbe.

   - Finalement c'est moi qui choisis.

   Elle saisit l'Opinel tombé à terre, s'agenouille derrière le corps allongé, relève le buste de Patrice, le bloque avec son genou en le maintenant par ses cheveux encore épais sur l'arrière. Il ne réalise pas ce qui lui arrive, tout s'est passé trop vite, il était le maître et quelques secondes plus tard il se retrouve victime expiatoire. D'un seul coup elle enfonce la lame dans le cœur de Patrice, essuie le manche avec un mouchoir, place la main droite de l'homme autour de l'opinel, dépose un papier plié dans sa poche et le retourne sur le ventre, sa tête retombe juste à côté de son vomi .

   Une voix dans la tête d’Eden ricane :

   - le bourreau est devenu victime, juste retour des choses et un gros porc de plus de saigné, UN !

 Elle récupère les clés de la Focus accrochées par un mousqueton à la ceinture du pantalon du "suicidé", monte dans la Rover et démarre.

   Un homme grisonnant l'attend à la terrasse de la brasserie "le grand café", place saint Symphorien. Il se lève en apercevant la voiture et monte côté passager, il interroge.

   - C'est fait ?

   - C'est fait. Le papier est dans sa poche, quand les enquêteurs y trouveront le numéro de téléphone et l'adresse mail de la canadienne, la justice n'aura plus de doute sur l'identité du meurtrier de la dame. La version du tueur unique sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle sera au mieux définitivement jetée aux orties, au pire réorientée vers notre défunt "ami".

   - Tu es vraiment diabolique, mais je me suis fait du souci.

   - Pour qui, ricane Eden, pour l'autre enfoiré ? Tu avais raison, il lui est arrivé un grand malheur. Dans les bouquins d'espionnage on parle d'extrême préjudice !

   L'homme soupire.

   - Tu sais bien que j'ai toujours peur pour toi.

   Les yeux verts flamboient.

   - Je croyais que les choses étaient claires entre nous, je t'ai déjà demandé de ne pas me prendre pour une petite chose fragile, je suis plus forte que tu ne crois, treize ans de taekwondo j'aurais pu éliminer ce cafard d'une seule main. Elle s'adoucit. Tu es très gentil de prendre soin de moi. J'aimerais que tu conduises sa Ford jusqu'à la cabane où il s'est "donné la mort" et ensuite nous irons directement à notre hôtel, j'ai trop envie de toi et demain direction le Gers comme prévu.

   - Non, il nous faut retourner à Cannes, j'ai reçu un appel que j'attendais, j'ai une surprise pour toi.

   Eden est scotchée. C'est incroyable, son amant Michel-Ange déteste les surprises et il était très impatient de partir pour le Gers, il voulait à tout prix me rencontrer, moi  Henri le Mystérieux pour que je lui parle de mon secret. Que se passe-t-il de si important pour qu'il déroge ainsi à ce qu'ils avaient projeté, cela ne lui ressemble pas. Eden est curieuse, elle veut savoir tout de suite, l'idée d'attendre demain lui parait insupportable mais elle est sûre d'avoir les arguments pour le faire parler dès ce soir. Après chaque exécution elle est insatiable sexuellement.                                                 

 

Ce n'est pas  Michel Ange qui s'en plaindra, nul homme avant lui n'avait su allumer ce brasier...

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jeudi 5 avril 2018

Histoires décapantes, parution n° 3, par Serge Boudoux

Le petit pont romain : épisode 3 / 3


 
Une phrase du message posthume tourne en boucle dans ma tête:

 "Il était si beau et il était à moi je n'aurais pas supporté qu'une autre me le prenne, j'aurais mieux aimé le voir mort."

Je commence à douter. Au début ce n'est qu'un jeu intellectuel, une hypothèse folle qui se transforme en une curiosité angoissante me déchirant le ventre, l'angoisse devient un besoin impérieux je n'en dors plus il faut absolument que je sache.

Ma recherche sur internet : Christopher Larksons peintre Paris obtient  en 0,49 seconde  409 000 réponses et une adresse dans le quartier du Marais.

Quinze jours plus tard je propose à ma femme un petit voyage en amoureux. Notre fille s'occupe de la maison et des animaux, nous prenons le TGV à Saint Raphaël et montons à Paris (les gens du Sud "montent" à Paris alors que les Parisiens "descendent " à Cannes bien que sur une sphère il n'y ait ni haut ni  bas.) Après avoir joué aux homo touristicus près des monuments incontournables de la capitale nous abordons le quartier du Marais et nous improvisons  détectives…

 
Je  suis terriblement excité par le résultat de notre enquête. En fait de couple  fusionnel le beau Christopher était plus couvert de maîtresses qu'un chien ne l'est de puces et Maria  lui pourrissait la vie en le poursuivant d'une jalousie morbide, non sans raison. Ils se sont donnés une dernière chance et ont déménagé pour le Sud de la France il y a trois mois.  A son départ Christopher était en pleine forme physique, il jouissait également de toutes ses facultés intellectuelles d'après le barman de son bistrot préféré qui lui procurait souvent des alibis foireux ne dupant personne. Ses retours au foyer après avoir caressé ses  conquêtes étaient souvent houleux comme on peut l'imaginer.

Dans le train qui nous ramène vers le sud, fort de ces nouvelles informations j'élabore une hypothèse:

- Maria voulait peut-être se suicider en entraînant avec elle son mari malgré lui, elle l'aurait drogué puis empoisonné pour se venger d'avoir été bafouée et opportunément profité de notre rencontre inopinée pour inventer une belle histoire où elle se donne le beau rôle en prétendant  mourir pour lui ?

Ma femme se moque ouvertement de moi:

- Mon pauvre homme on voit que tu ne connais pas les femmes, la réalité est sûrement bien plus monstrueuse et perverse, je vais te dire ce qui a dû se passer : Maria n'avait aucunement envie ni intention de mourir, elle a empoisonné son mari et simulé son propre suicide, je le sens depuis le début, mes intuitions me trompent rarement.

Je n'ose souligner sa mauvaise foi lorsqu'elle prétend avoir tout compris depuis le début, comme moi elle a été émue donc leurrée lors de la première lecture du carnet en cuir, elle  poursuit :

 - En partant de Paris tout était sans doute déjà calculé dans son esprit  afin de garder définitivement son mari pour elle seule, à sa manière. Elle écrit dans son journal : il était à moi, je n'aurais pas supporté qu'une autre me le prenne,  j'aurais mieux aimé le voir mort. J'ai retenu et appris par cœur  cette phrase incroyablement lucide qui devrait figurer sur la première page de la déclaration des droits de la femme.  Elle révèle enfin la révolte qui gronde face à la grande injustice dont est victime le sexe féminin.

 
Et là, épouse modèle mais militante, elle inspire profondément avant de m'asséner en apnée cet ahurissant morceau de bravoure qui me laisse sans voix :

- Vous autres grossiers machos imaginez naïvement qu'après avoir usé notre jeunesse à torcher vos marmots, à privilégier votre carrière au détriment de notre épanouissement personnel, à vous serrer dans nos bras pour vous consoler de vos échecs, de votre médiocrité, l'âge venant et notre beauté se flétrissant peu à peu, après avoir été successivement maîtresses, épouses, domestiques et même mamans de nos maris ingrats, nous allons tranquillement vous laisser partir faire les jolis cœurs et les beaux gosses avec une plus belle ou plus  jeune qui  profitera des fruits de tous nos sacrifices sans  avoir rien fait pour les mériter. C'est trop facile messieurs, vous  rêvez.  Plutôt vous voir  crever !

 
Elle reprend son souffle après cette belle envolée lyrique en hommage à la grandeur et décadence du sexe masculin, je profite de l'accalmie pour suggérer timidement  des circonstances atténuantes:

- Tu n'exagères pas un peu ? Christopher témoigne d'un grand amour en acceptant de quitter Paris pour et avec elle.

- Pas du tout, Maria se doutait bien que déménager sous prétexte de se donner une dernière chance ne faisait que déplacer le problème et cachait un piège. Christopher s'octroyait une bonne conscience à bon compte, un jour ou l'autre il l'aurait quittée et serait remonté à Paris libéré de son boulet en la laissant ici ! Cette perspective  étant insupportable, en arrivant à Callian elle a commencé à le droguer pour accréditer la thèse d'une maladie dégénérative.

- Mais pourquoi m'avoir donné son journal intime, je n'ai rien à voir avec eux ?

- Votre rencontre a été l'olive  sur son anchoïade, peut-être même avait-elle repéré le but de tes promenades et s'est-elle placée sur ton chemin, tu es tellement prévisible. Le carnet qu'elle t'a remis en espérant faire le buzz grâce à ta notoriété régionale l'aurait fait passer, après son suicide raté, pour une héroïne digne d'une tragédie grecque, c'était bien joué. Même le coup de la crise de démence où Christopher lui aurait serré le cou, le foulard censé cacher les traces d'étranglement, la difficulté de déglutir sonnent juste, du grand art pour se faire plaindre.  Le jour du drame elle l'a empoisonné, a avalé également des somnifères en croyant avoir tout prévu, elle comptait sur l'arrivée de la femme de ménage pour être sauvée, n'oublie pas qu'à ce moment elle était la seule a être encore en vie.

- Pourtant elle est morte.

- Malheureusement quelque chose n'a pas  fonctionné parfaitement dans la mise en œuvre de son crime parfait, peut-être tout simplement un retard de la femme de ménage, une insuffisance cardiaque préexistante insoupçonnée ayant pu déclencher un malaise mortel pour quelques cachets de trop, que sais-je ?

 
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Tout ceci n'est qu'hypothèse, Maria était peut-être un ange, probablement un démon, certainement un mélange des deux comme nous le sommes tous ce n'est pas à moi d'en juger,  par contre je crains qu'elle n'ait inculqué de mauvaises idées à une certaine féministe  prompte à se radicaliser qui conclut perfidement  :

-" Moi je ne commettrai pas ces erreurs de débutante, je ne laisserai rien au hasard !"

 
Eberlué je crois avoir mal compris et lui demande de répéter cette dernière phrase en précisant si les verbes commettrai (s) et laisserai (s) sont, dans son esprit, au conditionnel ou au futur, elle répond avec gravité.

- Mes verbes sont au futur. Je ne commettrai pas d'erreur lorsque je te tuerai dans un avenir plus ou moins proche sois-en certain, je préparerai mon affaire d'une manière plus professionnelle, j'ai déjà quelques idées… J' me comprends ! Tu croyais que je n'avais pas remarqué ton manège avec cette petite merdeuse de T……

 
Coupable on tient toujours prêtes les réponses adéquates mais lorsqu'on a rien à se reprocher il est difficile de trouver les mots justes pour se défendre, tous les innocents vous le diront.  Après quelques dénégations maladroites j'ai l'horrible sentiment de n'avoir pas su plaider efficacement pour obtenir le non-lieu que je méritais pour cette accusation précise.
 En réalité entre vous et moi elle n'a pas ciblé le bon objectif, ce n'est pas de la jolie T…. dont elle doit se méfier, ses intuitions la trompent quelquefois tout de même hé hé !

   Désormais prudent, je préfère  me faire ma cuisine, me servir mes boissons moi-même
 

et

 

 si vous apprenez un jour que je suis atteint de démence ou que je me suis suicidé,

 

 de grâce n'en croyez pas un mot.

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Pour obtenir un exemplaire dédicacé  ou notifier STOP ou ENCORE

Site web : http://serge.boudoux.fr 

 


Prochaine histoire : tour sarrasine, tour assassine ? 


 Cette histoire est extraite du livre :



https://www.amazon.fr/Tribulations-dun-Lyonnais-Provence/dp/2407003837/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1511252708&sr=8-1&keywords=les+tribulations+d%27un+lyonnais+en+provence&dpID=61Ijen1JwjL&preST=_SY291_BO1,204,203,200_QL40_&dpSrc=srch


https://livre.fnac.com/a11163855/Serge-Boudoux-Les-tribulations-d-un-lyonnais-en-Provence?omnsearchpos=1

également : Cultura ( uniquement en ligne, stock magasin épuisé))
                    Decitre,
                    Chapitre
 
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Les habitants du canton de Fayence le trouveront à :

Intermarché

Mag 'presse galerie Leclerc

Casino place du clos Montauroux

Espace culturel Leclerc