mercredi 10 juillet 2019

Monstres ordinaires : Histoire n° 5



Les idéologies en " isme " :


Le diable en rit encore...mais dégoûté  il rit jaune




Massieu (Ain) 1980.

Âgé de 32 ans je vends des maisons individuelles et les affaires marchent très bien.            
 A cette époque, les commerciaux payés à la commission travaillaient tous les jours surtout le dimanche et les jours fériés. Les trente - cinq heures, dont heureusement personne ne parlait, nous auraient paru être une fâcheuse utopie, castratrice de nos revenus confortables mais aléatoires car dus uniquement à nos mérites et nos résultats.
   Dimanche 11 mai, un couple de retraités entre dans mon pavillon exposition. La femme, sans grand attrait si ce n'est un doux regard qui pétille, tient par la main un grand gaillard au visage marqué et très ridé surmonté d'une tignasse fournie et neigeuse. Une vilaine cicatrice barre son arcade sourcilière gauche.
Nous avons rapidement sympathisé et au terme d'une recherche rapide mais efficace j'ai trouvé le terrain idéal pour eux sur lequel nous construirons la petite maison de leurs rêves.
Élaboration et modification des plans, demande de permis de construire, montage du dossier financier, les rendez-vous se succèdent, des liens se créent entre nous. Nous finissons par nous appeler par nos prénoms, sans toutefois aller jusqu'au tutoiement. Le mari se prénomme André, l'épouse Monique.
André a parfois un comportement bizarre, à certains moments, sans raison apparente il tremble et gémit en rentrant la tête entre ses larges épaules comme un enfant qui craindrait un père brutal, sa femme prend alors gentiment sa main entre les siennes et lui dit :
- Tout va bien André, je suis là.
Il serre son grand corps contre elle, quêtant manifestement une sécurité et la douce chaleur de sa tendre épouse, puis il se calme et nous reprenons nos discussions.
Sans comprendre l'origine de son désarroi, attendri devant une telle manifestation d'amour réciproque j'attends silencieusement et affectueusement la fin de la crise en feignant de ne rien voir et de ranger des papiers. Comment ne pas être admiratif devant ces couples qui savent vieillir ensemble en s'acceptant et se soutenant dans le pire après avoir profité du meilleur ?
J'arrive un jour chez eux avec un peu d'avance à un rendez-vous. Monique est seule, me servant un café et guettant mes réactions du coin de l'œil elle dit :
- Vous êtes surpris me semble-t-il de certains comportements de mon mari ?
- Oui, j'avoue.
- J'apprécie votre patience et votre discrétion, alors si vous le voulez je vais vous raconter ce qui lui est arrivé et l'a perturbé à un tel point.
- Je ne voudrais pas être importun.
- C'est moi qui vous le propose, cela me fera du bien, personne n'est au courant de cette histoire qui me pèse.
Voilà : en 1944 il avait 18 ans, étant d'origine juive il fut arrêté et déporté à Auschwitz. Comme il était jeune et fort il eut la " chance " d'être affecté à un des Sonderkommandos ou Arbeitsjuden qui étaient des unités de travail dans les camps d'extermination, composées de prisonniers,  juifs dans leur très grande majorité.
 Forcés de participer au processus de la solution finale ils sortaient les corps des chambres à gaz, rasaient les cheveux des femmes, extrayaient les dents en or des bouches des cadavres avant de les brûler dans les fours crématoires.
Les Arbeitsjuden étaient régulièrement exécutés, ayant vu beaucoup trop de choses ils devaient absolument être éliminés. Lors de l'avancée de l'armée rouge il fut un des rares qui, profitant de la panique des SS, arriva à se glisser dans les rangs des prisonniers " normaux ".
Auschwitz étant en Pologne les détenus furent évacués vers l'Allemagne pour travailler comme esclaves. Ils marchèrent d’abord 70 kms, souvent  pieds nus dans la neige par un froid glacial, je crois qu'on appela leur calvaire " les marches de la mort ".
Ils furent ensuite emmenés en camions en direction du camp de Bergen-Belsen sans nourriture et sans eau. Après deux jours d'avance incertaine entrecoupée d’arrêts interminables ils furent autorisés à sortir des camions quelques minutes, alignés avec interdiction de bouger.
Affamés et surtout assoiffés, certains dont André se jetèrent au sol pour avaler de la neige et quelques touffes d'herbe.
En représailles de leur désobéissance le gardien SS tira une balle dans la tête de chaque prisonnier sorti de l'alignement. Quand il posa le canon de son revolver sur la tempe d'André et appuya sur la gâchette, rien ne se passa, l'arme était vide. Le SS lui asséna un coup de crosse qui lui ouvrit l'arcade sourcilière et fit remonter tout le monde dans le camion.
Je vous épargne la suite, vous ne me croiriez pas. Que des hommes puissent être à ce point inhumains, le diable en rit encore…jaune, malade de jalousie, conscient d'être un petit joueur ! Doté d'une vitalité exceptionnelle André a survécu à tout, apparemment intact physiquement mais démoli psychiquement.
En rougissant un peu elle a poursuivi :
- Il a trop souffert, complètement bloqué il n'est plus tout à fait un homme vous me comprenez ? mais je l'aime comme il est. Presque chaque nuit depuis près de quarante ans il se réveille en hurlant, je suis la seule à pouvoir le rassurer. Parfois dans la journée ses angoisses surgissent, alors je lui prends la main et il se serre contre moi. Je suis tout pour lui je crois, sa femme, son amie, sa mère, son refuge, moi je le câline comme le bébé que je n'ai pas eu…

 André est arrivé, a posé une baguette de pain sur la table, s'est assis à côté de sa Monique héroïque, aimante, fidèle et dévouée. Ils ont regardé et signé les calques des plans de leur futur nid douillet où ils pourraient se reposer enfin, loin de la méchanceté des hommes.
J'avais les larmes aux yeux.


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1984
 Par suite d'un concours de circonstances (remporté haut la main) je me suis retrouvé actionnaire d'une société anonyme et associé avec un sexagénaire très distingué. Par une coïncidence extraordinaire il se prénommait également André.
Nous nous entendions à merveille mais un détail dans son comportement me paraissait curieux, à certains moments il fuyait ostensiblement mon regard et fixait obstinément la pointe de ses chaussures.
Très impressionné par son élégance, sa classe naturelle, son expérience de la vie et un air de mystère flottant autour de lui je n'osais l'interroger sur la signification de cette bizarrerie et puis un jour, le connaissant mieux, la curiosité fut la plus forte. Avec moultes précautions oratoires, en le priant de m'excuser de mon outrecuidance je lui demandai l'autorisation de poser une question indiscrète, vous savez laquelle.
L'autorisation fut accordée.
Voici sa réponse :
- En octobre 1944, j'avais 17 ans, je fus arrêté à Lyon par la police française pour des faits de résistance, remis à la Gestapo, torturé puis déporté vers le camp de Buchenwald.
 En février 1945 je fus transféré dans les souterrains de Dora pour travailler à la construction des V2.
Vous avez entendu parler de l'enfer de Dante ? Dora était le tout dernier cercle de l'enfer, l'espérance moyenne de vie ici ne dépassait pas six mois, même Satan n'aurait pas osé se comporter comme les nazis l'ont fait.
Pour répondre à votre interrogation, comme pour eux nous n'étions pas des hommes il nous était rigoureusement interdit de croiser le regard d'un SS sous peine de la plus abominable mise à mort immédiate, souvent à coups de pelle. Nous ne pouvions marcher que les yeux baissés. A la libération du camp en avril 1945 je pesais moins de 40 kg. Près de 40 ans plus tard j'ai toujours le réflexe de baisser les yeux en certaines circonstances. Je n'avais jamais raconté cette atrocité à personne, on ne m'aurait pas cru, aujourd'hui certains salopards nient même le fait qu'une telle horreur ait pu exister.
Il s'est redressé, m'a regardé droit dans les yeux, son regard était insoutenable, j'ai baissé la tête et regardé mes chaussures.
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Plus tard j'ai fait des investigations complémentaires sur cette période et découvert l'inimaginable.
 Le nazisme fut l'aberration la plus inhumaine de tous les temps, le diable en rit encore comme disait Monique.
  J'ai alors cherché à comprendre pourquoi et comment des hommes avaient pu traiter d'autres hommes comme ils n'auraient pas traité leurs animaux et j'ai découvert ce qui suit :
 Au 20e siècle fleurirent nombre d'idéologies se terminant par " isme "
 Nationalisme, Fascisme, Nazisme, Racisme, Communisme, Marxisme teinté ou non de Léninisme, Stalinisme, Franquisme, Maoïsme, Castrisme, Socialisme, Islamisme, Salafisme, Wahhabisme, Totalitarismes religieux ou non, Impérialismes, Eugénisme etc… que les "ismes" oubliés me pardonnent.
Résultat : des souffrances abominables, et 100 millions de morts …
Toutes ces idéologies en "isme" ont, me semble-t-il, un point commun en ce qui concerne leur fonctionnement.
Les chefs de guerre envoyant sciemment leurs soldats au massacre dans la boue sous la mitraille, les gardiens des camps nazis, ceux des goulags soviétiques, les Einsatzgruppen allemands (commandos de la mort SS  assassinant les civils et les juifs  après les combats ), les médecins nazis pratiquant leurs expériences abominables sur des humains ( elles étaient interdites sur les animaux), les juges des procès staliniens, les exécuteurs de la révolution culturelle chinoise admirateurs de Mao, les Khmers rouges aux ordres du frère n°1 Pol Pot "génocidant" la moitié de la population cambodgienne pour créer l'homme nouveau, tous ces bourreaux diaboliques et ceux que j'oublie ou ne connais pas n'étaient généralement pas des  brutes épaisses à part quelques sadiques ordinaires.
C'étaient souvent des gens sensibles et cultivés.  Les officiers SS possédaient généralement un bagage intellectuel impressionnant, mélomanes, lecteurs de Goethe et des fameux philosophes allemands. D'autres grands criminels de masse avaient fait leurs " humanités " en France, en Suisse, ou en Amérique.
Alors, me direz-vous comment expliquer cette abomination ?
J'ai peut-être une explication.
- Sur la forme : les initiateurs de ces atrocités mettent toujours en place une "chaîne d'irresponsabilité personnelle" utilisée par toute tyrannie soucieuse du confort moral de ses exécutants. Chacun des maillons de cette chaîne se sent responsable uniquement de sa petite part de monstruosité, jamais de la totalité des horreurs commises. Celui qui arrête les gens les transmet à un anonyme qui se borne à conduire un train, comment se sentiraient-ils responsables de ce qui se passe en finalité ?
- Sur le fond permettez-moi d'oser une hypothèse :
Dans la nature l'espèce est tout, l'individu n'est rien.
Chez les humains c'est ou ce devrait être radicalement différent. Ce qui permit à l'homme de transcender son animalité et fit la grandeur de notre race est là : chaque individu est sacré, il renferme en lui toute l'humanité, aboutissement de milliards et demie d'années d'évolution de la matière et de l'esprit il est la chose la plus précieuse de notre univers. (J'utilise sciemment le mot chose qui signifie : réalité concrète ou abstraite perçue ou concevable comme un sujet unique.)
Suite à une étrange perversion intellectuelle et dogmatique tous les totalitarismes reviennent aux sources animales et inversent le sens du sacré.
Je le répète, le peuple, dieu, le parti, la "race", l'idéologie ou la foi sont tout, l'individu n'est rien. Le déviant malgré lui à l’idéologie majoritaire à la mode est l'ennemi du Peuple, de Dieu, du Parti, entités fourre-tout prétextes à toutes les ignominies. Celui qui est différent par sa naissance, sa nationalité, sa classe sociale, ses croyances, sa religion, son athéisme, sa sexualité, devient un parasite qu'il faut éliminer comme un non-homme alors que c'est justement sa particularité qui fait de lui un être humain porteur de tous les espoirs d'évolution. Sa capacité de s'extraire de la masse et de douter des certitudes toutes faites étant pour moi le plus haut niveau de civilisation.
Sans doute les grands esprits se moqueront -ils de ma psychologie de comptoir ou de café du commerce mais la tentative de compréhension est aussi respectable autour d'une table que sur les bancs de l'Académie ou à la Sorbonne. Dans ces lieux prestigieux on ne rencontre pas tous les jours des "André " entendant chaque nuit le claquement du percuteur d'une arme vide contre son front ou revenant de l'enfer en baissant les yeux comme un sous-homme.

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Un autre fait m'est revenu en mémoire, ces deux personnes que j'ai eu le privilège de côtoyer ne pouvaient et ne voulaient pas parler de leur calvaire, ils savaient qu'on ne les croirait pas. Ils avaient malheureusement raison en partie.
 Aujourd'hui certains individus ont fait de la négation de cette horreur ou de l'affirmation qu'il ne s'agissait que d'un point de détail leur fonds de commerce.
 Pauvres types méprisables ayant besoin de nier la douleur des autres pour exister.
 Ils nomment leur honteuse idéologie le révisionnisme, les gens normaux appellent ça le négationnisme.
Inconsistants comme l'écume des vagues se brisant sur les écueils de la vérité ils passeront, disparaîtront sans laisser de traces … et les violons de l'automne ne sangloteront pas longuement pour eux.

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 Celui qui ne se souvient pas de l'histoire est condamné à la revivre.
 On voudrait que cela ne recommence jamais, malheureusement cela a déjà recommencé et ne finira jamais.
 " Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas " prophétisait Malraux qui ne manquait jamais une occasion de se prendre pour un grand intellectuel.
 Il ne risquait pas de se tromper. Le 21ème siècle est bien là, avec lui comme toujours les religions, les idéologies en isme sont présentes et servent de prétextes à toutes les saloperies.
 Déjà (en attendant pire) l'Islamisme meurtrier, monstruosité devenue ordinaire, parcourt nos rues couteau de cuisine à la main.
Bien sûr tous les "ismes" ne sont pas à mettre dans le même panier.
Le patriotisme, amour de sa patrie n'a rien de commun avec le nationalisme, méfiance voire haine envers les patries étrangères.
 Les monothéismes :  christianisme, islamisme éclairé, judaïsme, porteurs originellement d'un message d'amour universel ont malheureusement rapidement été trahis par tous les fanatismes.
De la lumière aux ténèbres il n'y a qu'un pas que les fondamentalismes enragés ont rapidement franchi : Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va !

Aussi lorsque l'on me propose d'adhérer à un groupe, un parti, une religion, une idéologie dont le nom se termine par " isme ", je fuis sans me retourner de peur d'être contaminé par toutes ces monstruosités. L'inhumanité s'attrape comme la grippe !
Les prochains grands hommes : Führer, Petit père des peuples, Roi de droit divin,  Duce, Caudillo, Généralissime,  Maréchal nous voilà, Empereur, Prophète, Calife, Gourou, Génie des Carpates, Frère n°1, Kaiser, Chef suprême, Président à vie,  Ayatollah, Révérend, Fakir, Antéchrist, Archimandrite, Dalaï Lama, Pape, Deus ex machina, Sauveur de l'humanité pécheresse ou autres immenses personnages indispensables se passeront de moi, je n'ai aucune envie de sacrifier ma petite et si courte vie pour leur plus grande gloire, mon insignifiance me convient très bien.

Le jour du Quatorze juillet
je reste dans mon lit douillet
la musique qui marche au pas
cela ne me regarde pas 
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Cette histoire est extraite du livre vendu sur Amazon :





site web     http://serge.boudoux.fr 



Une autre histoire la semaine prochaine ? Rendez-vous ici même !


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jeudi 4 juillet 2019

Monstres ordinaires : Histoire n°4







histoire féminine et jubilatoire :


Une bonne affaire ?



 L’histoire suivante m’a été rapportée par un bon ami habitant une ville moyenne de la région Rhône-Alpes dont je tairai le nom, de peur d’être assimilé à un goret et dénoncé sur des réseaux prétendument sociaux par quelque habitante vindicative croyant se reconnaître. Le porc est facilement balancé de nos jours ce qui cause parfois des vertiges à la pauvre bête…

Sans s’être concertées, dans un quartier de ce gros bourg une quinzaine de femmes seules de quarante à soixante ans ont acheté dans le même lotissement une petite maison de ville avec jardinet, formant ainsi spontanément une confrérie exclusivement féminine comportant toutefois quelques enfants.
 Se constitua ainsi une communauté semblable à une société d’éléphantes, une tribu d’Amazones (bien qu’aucune n’ait poussé le mimétisme jusqu'à se couper un sein conformément à la légende, action par trop nuisible à une symétrie qui pouvait encore séduire) ou une troupe d’oies sauvages migratrices.

Beaucoup d’entre elles, sentant courir sous leurs plumes
De ces grands souffles fous qu’on a dans le sommeil
Voulaient voir la nuit comment le ciel s’allume
Puis flamboie le matin aux rayons du soleil.

Dit plus simplement : leur désir d’absolu et de liberté les avait poussées à congédier un époux trop décevant.
D’autres, humiliées car abandonnées pour avoir atteint la limite d’âge selon les critères subjectifs d’un homme mordu par le démon de mi-vie et affamé de chair fraîche, ruminaient sans fin à son égard une haine farouche !

Bourreaux ou victimes et quelle qu’en soit la raison profonde nos Guerrières nourrissaient de ce fait un profond ressentiment envers la gent masculine.

Considérés comme un mal nécessaire dans ce contexte les mâles de passage rasaient les murs, tous justes tolérés un court instant ils étaient rapidement éjectés après avoir effectué certains travaux indispensables ou comblé quelques besoins primaires.

 Chaque Amazone menait donc apparemment une vie heureuse, indépendante et autonome tout en rêvant secrètement au jour béni où elle pourrait à nouveau gémir sous le joug d’un amant, (en langage rappeur : être kiffée par un mec) !

Je vais vous narrer avec gourmandise et à ma manière, sans occulter une certaine mauvaise foi féminine sous-jacente, ce que l’une d’elles provisoirement traître à la tribu expliqua à mon ami une nuit de pleine lune propice aux confidences, entre deux hurlements de loup garou entendus après avoir absorbé moults whiskys et autres substances revigorantes !



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Mon prénom est Valérie. Mes amies m’appellent Val, démontrant ainsi une grande originalité dans le choix des surnoms.

Je viens tout juste d’avoir cinquante ans, passant ainsi du triste statut de vieille parmi les jeunes à celui, préférable et réjouissant, de jeune au pays des vieux.
 Albert, mon frère aîné, croyant m’apprendre quelque chose me dit à cette occasion ce que toute femme sait ou sent à l’approche de la ménopause :
- Dépêche-toi de profiter de la vie, souviens-toi que la plupart des femmes regrettent pendant la seconde moitié de leur vie ce qu’elles n’ont pas fait pendant la première !
Réflexion de vieux macho et Fake news ! C’est de moins en moins vrai. Le « retour d’âge » sonne pour nous le temps de la liberté du corps et de l’esprit. Exit la pilule et ses effets secondaires puis tertiaires, disparues les menstrues, envolées les angoisses de maternité non désirée.
 Le sexe uniquement pour le plaisir et une capacité intacte de séduction malgré le temps qui passe, voilà la vraie égalité homme / femme. 

Les hommes eux ne craignent pas cette arrivée en fanfare sur le deuxième et mauvais versant du siècle, bien au contraire.
Accédant enfin à l’âge adulte, les casaniers n’ayant pas quitté leur épouse pour faire un deuxième tour de manège en passant par la case départ et s’exhiber avec leur récente conquête appétissante trentenaire (qui les abandonnera au premier signe de déficience prostatique ou érectile) ont d’autres sujets de préoccupation :
 L’argent, le pouvoir, leur taux de cholestérol, le maintien des avantages acquis (maison, voiture, points de retraite et leur femme qui devient de plus en plus pour eux une mère.)
Concernant les jeux de pouvoir et d’argent ils disent : il vaut mieux être grand parmi les petits que petit parmi les grands.
Autre formulation mais même concept de positionnement par rapport aux autres, tout le monde a fini par comprendre que pour être heureux il suffit de jouer dans la bonne cour.

Vous trouverez sans doute mon comportement cynique et digne d’un mâle prédateur, aussi vais-je vous raconter l’histoire qui m’a convaincue de raisonner comme un mec sur un point précis.

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J’ai viré mon mari l’an dernier.
Nous ne dormions plus ensemble depuis dix mois. J’avais toujours froid et lui beaucoup trop chaud ce qui occasionnait régulièrement des guerres de couverture, conflits de fenêtres ouvertes et guérilla de courants d’air. J’ai sauté sur l’occasion pour lui interdire la porte de ma chambre.

Vous vous doutez de la vraie raison. Lorsque nous nous sommes rencontrés ses senteurs d’homme, son corps musclé et ses caresses me rendaient folle, le regarder dormir m’attendrissait terriblement mais peu à peu ses gestes devenus agressifs et mécaniques, ses odeurs, ses ronflements, se sont ligués pour m’écœurer. C’est la dose qui fait le poison !
Le prince charmant épousé s’était transformé insensiblement, passant en vingt ans du statut de bonobo affriolant à celui d’objet de dégoût.
 Le bruit du moteur de sa voiture lors de son retour du soir, puis celui de ses pas sur l’allée gravillonnée me donnaient des angoisses et envie de vomir.

Car depuis tant d’années
Ce n’était pas une sinécure
De lui voir tout le temps le nez
 Au milieu de la figure.

Heureusement il ne me touchait plus, tant mieux. Avec le temps les conditions du devoir conjugal étaient devenues insupportables :

Dans un premier temps "mossieur" avait décidé par décret spécial et unilatéral de baiser uniquement le dimanche soir, prétextant que son misérable orgasme dominical lui permettait d’oublier le stress de la fin du weekend et de mieux s’endormir pour affronter la semaine de boulot se profilant à l’horizon. J’étais donc devenu son somnifère.
Je crains que l’expression « baiser » ne choque certaines de mes sœurs en humanité, elles préféreraient la belle tournure illusoire « faire l’amour » mais je crois qu’elles chipotent.
 Dans notre inconscient collectif féminin « Baiser » qui n’évoque qu’un acte bref et bestial est à mille lieux de « Faire l’amour », expression suggérant un artisanat voire un acte artistique besogneux et patient.
 En réalité c’est toujours le même scénario, tout le monde connait déjà le début, le milieu et l’aboutissement ultime du documentaire animalier.
Moi, dès le mot « fin » inscrit en générique sur le sexe en débandade de mon bonhomme je le virais de mon lit.

 L’envie ne se programmant pas et le dimanche soir devenant un moment de saillie obligatoire vous imaginez mon angoisse à l’heure du rut marital.
 Heureusement après avoir disjoint nos couches nous avons rapidement divergé sur la libido. Je n’avais plus appétit à lui ni lui à moi. Il trouvait que j’avais pris de grosses fesses (cul délaissé ne me servant plus qu’à m’assoir) ce qui l’indisposait, quant à moi son ventre maintenant proéminent et son menton épaissi me laissaient de marbre.
 Ce qui ne m’empêchait pas d’avoir des désirs obsessionnels envers le reste de l’espèce virile harmonieusement musclée !

Un jour ce détail tout bête précipita ma décision de le quitter :
Nue sous ma douche je tendais la main pour attraper mon Cadum crème douche surgras à l’huile d’amandes douces bio et huile de coco sans paraben quand la petite voix insolente de mes fantasmes souffla à mon oreille : « pourquoi s’acharner à rendre douce une peau que personne ne caresse ? »
J’ai immédiatement inversé la réflexion : pourquoi s’obstiner à vivre avec quelqu’un qui ne caresse plus une peau que je m’acharne à rendre douce, même et surtout si ses câlineries ne me manquent pas ? J’imagine qu’un homme aurait de la peine à comprendre ce paradoxe.

Dès le lendemain une stratégie fut élaborée avec l’aide de quelques copines m’ayant précédée sur le chemin caillouteux et chaotique du divorce.
Je vous passerai les détails : Constitution d’un trésor de guerre en détournant régulièrement des fonds du ménage à destination d’un compte secret domicilié chez une amie fidèle (ce fut facile « Il » ne s’occupait jamais de rien), choix de l’avocat, recherche du futur logement etc…Une routine pour les femmes d’aujourd’hui.

Le plus étonnant fut que mon époux ne vit rien venir, il faut dire qu’il ne voyait plus grand-chose venant de moi.

Curieusement le divorce, ressenti comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage, le mit dans tous ses états.
 Il ne mangeait plus, buvait beaucoup, traînait sa tristesse, sa rancœur et ses grands yeux larmoyants chez tous nos amis, fidèle en cela à l’adage de Prévert (qui ne manquait pas, comme Paulo Coelho, une occasion de dire des évidences et des banalités devant lesquelles certaines se croient obligées de se pâmer) :
 On reconnait le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va.
 Pensez-donc « mossieur » avait perdu « maman » qu’il ne regardait pourtant plus précédemment et cela faisait un grand vacarme dans ses petites oreilles.
Entre nous, Prévert et consorts n’ont rien compris, le bonheur est avant tout un grand silence, une période merveilleuse de calme, de quiétude où les bruits et odeurs organiques émis par un compagnon peu délicat ont enfin disparu.

Si quelques hommes lisent mon récit je leur fais ce cadeau : Rien n’est plus facile pour un époux intelligent que de récupérer sa femme en désir de divorce…
 Il lui suffit d’avoir la classe, montrer de la gentillesse, éviter les reproches, les injures qui ne font que conforter une décision précaire toujours difficile à vivre, en un mot entamer une reconquête… et pomponnette reviendra se frotter contre le pôvre pompon.

Bien entendu, comme tous les maris le mien fit tout le contraire de ce qu’il eut fallu (je n’ai jamais dit que cela serait facile ? ah si je l’ai dit !) … et divorce il y eut.
 La part me revenant sur la vente de notre propriété me permit, outre l’achat d’une petite maison, de disposer d’un capital de départ pour vivre ma vie.  
Le juge m’accorda une prestation compensatoire dont je ne vis jamais le moindre centime.
Ayant compris que l’on ne pouvait pas tondre un œuf, mon ex décréta qu’il n’était pas question que je mène grand-train avec son argent. Il préféra se retrouver au chômage, dilapider sa part et se déclarer insolvable plutôt que financer sa « salope de femme ».  Pauvre type !
 Heureusement mon frère m’embaucha en qualité de secrétaire dans sa société de construction.
Nos deux grands enfants quittèrent la maison pour voler de leurs propres ailes à peu près au même moment. Ils plaignirent leur père et me firent la gueule ce qui ne me fit ni chaud ni froid, j’avais trop besoin de liberté.
Adieu la Mère, la Femme est de retour !

 Entreprenant tout d’abord de retrouver une apparence susceptible de réjouir la glace de ma salle de bains à qui je ne demandais pas depuis bien longtemps : « Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle » (Il ne faut jamais poser une question dont on n’a pas envie d’entendre la réponse) de grands travaux de rénovation personnelle furent programmés : Nouvelle coupe, nouvelle couleur de cheveux, nouveau logement, nouvelle poitrine, nouvelle voiture et inscription à une salle de gym.
Nouvelle Val, nouvelle existence quoi !
Onze mois de sport intensif et autant de visites régulières chez mon esthéticienne m’ayant permis de retrouver silhouette et figure humaines, je pouvais désormais tourner le dos à ces années de « jachère » affective et songer à rentabiliser mes investissements :
 Dotée maintenant d’un front lisse (grâce au botox), un visage gracieux, un corps rendu désirable par le fitness et de seins tout neufs jappant à la lune, ce qui nécessita un budget représentant à peu près le PIB des îles Marshall, j’étais bien décidée à conquérir le monde et à m’éclater.

Me trouvant sexy un homme prénommé Eddy récemment inscrit à la gym s’intéressa à moi.
Ce sexagénaire distingué fraîchement retraité avait tout pour plaire : harmonieusement musclé, ventre plat, cheveux gris et fournis, faux air de Georges Clooney, veuf, gentil, généreux et surtout me considérant comme une petite jeunette il semblait que son seul défaut était de ne pas en avoir.

Il m’invita un Samedi midi au restaurant du coin.
Mes copines se relayèrent pour m’asséner un flux de recommandations préalables, prétendument indispensables pour une oie blanche comme moi, dont la plus récurrente était :
 « Val écoute moi, il ne faut jamais coucher le premier soir, ça fait mauvais genre ».
Je suivis religieusement leur conseil, je couchai dès le premier après-midi, j’avais trop envie.

Ce fut grandiose, la senteur de sa peau, son parfum et ses caresses me rendirent folle. Après nos trois étreintes délirantes au cours desquelles je renonçai à compter mes orgasmes, il s’endormit.
 Je couvais d’un regard attendri mon nouveau Robin des doigts qui savait si bien s’en servir.           (Oui quelquefois moi aussi je pratique l’humour digital)

Après cet essai concluant nous nous sommes revus plusieurs fois chez lui.
 J’avais beau chercher il n’avait aucun défaut.

Un samedi vers 16 h (il était de l’après-midi pour les choses du sexe), à mon arrivée il m’offrit un cadeau. Du carton plat fermé par un Bolduc rouge je sortis un body noir échancré très transparent qu’il me demanda de revêtir.
- « Pour sublimer ta nudité, Val. » En plus de toutes ses qualités il avait aussi le sens de la formule. 

Il recula d’un pas pour juger de l’effet et…me sauta dessus pour ma plus grande satisfaction. C’est toujours une grande joie et très rassurant d’être si désirée après avoir été tant négligée.
Le body, de taille M vue ma poitrine généreuse détail important, lui permettait manifestement d’assouvir un de ses fantasmes préférés appelé parait-il « cravate de notaire », par contre une étiquette d’informations sur la composition et le lavage de l’objet, sans doute mal cousue, irritait le bas de mon cou.

Quand il fut profondément endormi, après mon attendrissement coutumier devant le guerrier au repos, je me rendis dans sa salle de bains pour découdre l’étiquette agressive.
 Au moment de la jeter dans la petite poubelle à demi remplie de mouchoirs en papier froissés et des débris usuels qu’on s’attend à trouver dans ce genre de récipient mon regard fut attiré par une étiquette similaire gisant là.
 Cette exacte jumelle de celle que je venais de découdre, mais de taille S généra en moi un horrible doute qui fit battre mon cœur plus vite !
Je me glissai dans la chambre où Eddy dormait du sommeil du juste en respirant fort, un petit filet de bave coulait plus ou moins gracieusement de la commissure de ses lèvres.
Peu suspicieuse jusque-là ou indifférente, je n’avais jamais espionné les textos de mon ex-mari, ce fut une première, juré craché. L’analyse des SMS du dormeur (du Val, c’est cadeau) confirmèrent mes soupçons :
 Le traître qui sommeillait là avait une seconde maîtresse prénommée Sylvie ! 
Je le réveillai sans plus attendre, prétextant un rendez-vous pour partir immédiatement et, vexée, ne répondit pas à ses appels de tout le weekend.

J’entrai en bouderie avec délectation, hésitant entre ourdir un complot en compagnie de la Sylvie concurrente pour démolir notre amant commun ou, autre option également intéressante, détester « la pute », rugueux synonyme de « Sylvie concurrente », dire du mal avec mes copines de cette rivale que j’imaginais ou espérais laide, bête comme une dinde et, vue sa taille « S », maigre comme un clou.
Je salivais déjà à l’idée de lui envoyer des insultes du genre :

Cache donc ton sein maigre, pauvre objet délaissé,
 On est très loin du cœur quand la poitrine est plate
Et je vois comme un merle en sa cage enfermé
L’amour entre tes os rêvant sur une patte.

A choisir, le complot offrait un avantage certain : il nécessitait des conversations secrètes interminables préalablement au passage à l’acte, promettant ainsi de belles soirées. Un temps l’idée saugrenue de contracter quelque MST pernicieuse ou le SIDA pour le refiler au bel Eddy me traversa l’esprit, projet non retenu, trop dangereux pour moi et où aurais-je pu attraper le VIH ?

Le lundi matin mon frère (et patron) se rendit compte de ma mauvaise humeur.
Il écouta attentivement mes récriminations, longues comme un jour sans wifi d’après lui, et me coupa la parole, arguant que les femmes n’exposent pas un problème pour le solutionner mais juste pour le plaisir de parler et se plaindre.
Il prit la direction des débats et me posa ces questions :
- Tu penses que ton amant a une seconde maîtresse ?
- J’en suis sûre
- Il est disponible, gentil, généreux avec toi ?
- Oui
- Tu n’es pas mariée avec lui
- Non
- Tu n’envisages pas de l’épouser ?
- Euh, non merci, libre je suis, libre je resterai. Je n’ai pas coupé une corde pour me retrouver prisonnière d’une chaîne
- Il te fait jouir ?
- Oui
- C’est donc une bonne affaire ?
- On peut l’appeler ainsi
- Une très bonne affaire me semble-t-il ?
- Oui
- Tu veux un conseil ?
- Pourquoi pas
- Tu suivras ce conseil ?
- Peut-être, dis toujours !
Et là il m’énonça ce que vingt siècles de civilisation avaient produit de mieux dans un cerveau masculin :
Il est préférable d'être deux sur une bonne affaire que seule sur une mauvaise ! 50 % de quelque chose sont plus importants que 100 % de rien !
Je restai sans voix, événement assez rare pour être souligné m’a-t-il dit !
Albert n’a jamais eu peur d’enfoncer des portes ouvertes. Connaissant toutes les idées reçues sur les femmes, il m’a même répété :
- Je t’ai demandé tout à l’heure si tu voulais l’épouser car la majorité des femmes n’ont pas fini de couper la corde qui les attachait qu’elles tournent déjà la clé fermant la serrure de leur future chaîne. Ta réponse négative m’a rassuré. Toutefois être libre se mérite et nécessite quelques adaptations au monde qui t’entoure !
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Après avoir passé en revue les lieux communs inhérents à la situation et les raisons de s’insurger propres à la gent féminine :
- moi je ne partage pas,
- je ne veux pas de rivale,
- il ne faut pas me prendre pour une conne,
- pour qui se prend-il,
- pour qui me prend-il,
- il ne peut pas y avoir deux vipères dans le même trou, 
- tous les hommes sont des salauds etc…
Je reconnus qu’il avait raison.
En fait il avait vraiment raison : le sexagénaire vigoureux, libre, généreux, sécurisant, sans problème de prostate, rasé de frais et propre sur lui, article très prisé sur le marché, ne court pas les rues.
 Il me fallait donc m’adapter !

Je rappelai Eddy en m’excusant de mon silence, prétextant une subite et obscure panne de téléphone. Nous nous retrouvâmes avec joie et passion, je me surpassai au lit pour éclipser Sylvie, la petite pute que je n’étais pas censée connaître !
Il se déclara ébloui avant de s’endormir.

Trois semaines plus tard je rencontrai Benjamin, beau jeune homme de trente-huit ans.
 Le fait d’être moins affamée me permit de conserver une retenue bon chic bon genre de bel aloi (vieille expression française signifiant : d’excellente qualité). Je me fis désirer, prétextant que j’avais déjà un homme dans ma vie.
Ravi de cocufier un inconnu, (les hommes adorent voler les jouets des autres) il répondit :
- Je m’en fous, je ne suis pas jaloux.
  Mon abandon à sa concupiscence impatiente n’eut lieu que le second soir, la femme la plus désirable étant celle sachant se laisser désirer longtemps !
(Longtemps deux jours ? il ne faut pas exagérer - Note de l’auteur qui ne fut pas frustré personnellement par l’attente !)
 Il me démontra allègrement son attirance pour les couguars ou MILF (Mother I like fuck).

Un samedi matin, Eddy me croisa dans une rue, marchant main dans la main avec Benjamin.
L’après-midi, chez lui, pressée de questions tout en débouclant sa ceinture je lui ai dit :
- Oui c’est mon autre amant mais ne te plains pas, Il vaut mieux être deux sur une bonne affaire que seul sur une mauvaise !
Perfide j’ai rajouté :
- Ce n’est pas ta Sylvie qui me contredira.
 En descendant son pantalon je l’ai poussé sur le lit et conclu :
 - Viens, nous ne sommes pas là pour faire des discours.
Beau joueur il a ri et murmuré :
- Je t’adore …
Décidément il n’avait vraiment aucun défaut !

Finalement les hommes ont raison de ne pas compliquer les choses, ils ont d’excellents fondamentaux :
- il vaut mieux avoir 50 % de quelque chose que 100 % de rien.
Ce raisonnement n’est pas très féminin j’en conviens mais utiliser les armes de l’adversaire pour s’en servir contre lui l’est ! C’est le principe du judo et de la sélection naturelle.
Perverse je fais croire à chacun d’eux qu’il est le meilleur amant, ça les motive.

Sœurs en humanité, imitez-moi au lieu de coucouanner comme des bécasses en découvrant l’instinct de polygamie des hommes.

Ils ne seront jamais dans leurs jours les plus rares
Que banals instruments sous nos archets vainqueurs
Et comme un air qui sonne au bois creux des guitares
Nos rêves chanteront au vide de leur cœur !



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Réflexion de Valérie :

  Serge Boudoux, romancier du 21e siècle qui n’écrivait pas que des banalités puisqu’il a gentiment écrit ma propre histoire a dit un jour :
- La société future sera matriarcale ou ne sera pas.
Matriarcale signifiant dirigée par les mères j’aime assez cette prédiction.
Si j’attrape ce gars-là il ne va pas être déçu, les écrivains m’ont toujours excitée, ils ont souvent une belle plume !

Récemment il m’a adressé ce petit compliment qui m’incite à penser que ces messieurs pourraient bientôt être trois sur une bonne affaire :

Moi j’ai vu se faner bien des saisons de fleurs
Coquelicots, bleuets, jonquilles, toutes meurent.
Le bouquet de désirs qui brille dans vos yeux
Refleurit chaque jour comme un cadeau des cieux

Qui pourrait résister à ça ?
Pas moi !


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Cette histoire est extraite du livre :





site web     http://serge.boudoux.fr 

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