dimanche 22 novembre 2015

Je suis athée Dieu merci ( plaisanterie fine )


Moi le vieil Henri dit Henri l'Agnostique, à la lumière des récents évènements je ne résiste pas au plaisir de vous faire part des discussions sur les religions entre Eden et sa tante Christiane.

   Christiane était viscéralement athée, peut être en réaction à la bigoterie des parents d'Eden ?  Paradoxalement elle donna une solide information sur les religions à sa nièce pour mieux lui montrer leurs contradictions. Elle ne manquait jamais une occasion d'affirmer ses convictions. Certains soirs Eden agitait malicieusement le chiffon rouge. Le scénario était réglé d'avance :
- Tantine, allez… parle moi encore des religions, s'il te plait.
   Christiane démarrait toujours au quart de tour et Eden souvent, voyant sa tante embrayer, ravie ne pouvait s’empêcher de la titiller par un :
- Chouette on va pouvoir se disputer.
- Il n’y a absolument pas à se disputer. Pour moi, le fait religieux est inscrit dans l'évolution du primate humain. On dit que le rire est le propre de l'homme, en réalité c'est le fait religieux qui marque la frontière entre l'animalité et l'humanité. L'homo sapiens est devenu humain lorsqu'il a commencé à enterrer ses morts. Les premiers hommes ont créé d'abord Les Dieux qu'ils croyaient voir partout autour d'eux dans la nature,  puis les ELOHIM de la bible et enfin les religions monothéistes avec leur Dieu unique. La sélection naturelle a conservé le concept comme un avantage, comme un plus, il soude les communautés par une vision commune du monde et par des interdits, des obligations alimentaires, vestimentaires ou sexuels. Les religions étaient sensées être au service des hommes, comme toujours elles ont été confisquées par les puissants qui en ont fait des instruments de domination.
   Eden, faussement innocente enchainait.
- J'espère que les femmes ont toujours eu le beau rôle.
   Christiane s'étranglait d'indignation.
- En général les religions monothéistes considèrent surtout les femmes comme inférieures aux hommes en nature et en droits, souvent pour des raisons à mourir de rire, ainsi les catholiques n'acceptent pas de femmes prêtres sous prétexte qu'il n'y avait pas de femmes parmi les apôtres. La belle excuse alors que Jésus était toujours entouré de femmes, après la "résurrection" il est même apparu d'abord à des femmes ! (Moi Henri le Misogyne, j'imagine que c'est sans doute pour que la nouvelle se répande plus vite hé hé .)
  L'Islam autorise le mari à battre son épouse s'il craint son infidélité. Note bien le terme, la crainte seule suffit à justifier les coups. Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme et elle n'a qu'une demi-part d'héritage. 
Dans la religion juive la prière du matin est très explicite : « béni soit Dieu qui ne m'a pas fait femme. » Bravo l'ambiance chaleureuse, soyez les bienvenues parmi nous ! Pourquoi une telle misogynie ? Mystère!
   Eden rajoutait une pièce dans le jukebox.
- Oui mais les religions ont toujours été du côté des pauvres.
- Tu plaisantes ! Les religions donnent une explication du monde permettant d'accepter plus facilement la mort par la promesse d'une vie éternelle dans l'au-delà et ont longtemps contraint les populations à accepter leur asservissement au "Roi de droit divin". « Souffrez en silence sur cette terre et vous aurez la récompense après la mort. » L'affirmation ne coûte pas cher et jamais personne n'est revenu pour dire le contraire, les religions se sont régulièrement prostituées auprès des puissants pour en retirer des avantages. Depuis toujours les clergés inventent des mondes imaginaires qui structurent des civilisations entières et parfois donnent des règles de morale et de vie salutaires... Mais de là à croire à toutes les conneries véhiculées...
- Tu ne vas quand même pas prétendre que depuis si longtemps il n'y ait que des abrutis pour croire, il y a eu des gens remarquablement intelligents qui... Christiane interrompait Eden.
- Tu viens de toucher le fond du problème, les gens intelligents ne sont pas garants de la réalité des croyances, bien au contraire. 
Chaque religion est issue d'un mythe fondateur et a été développée au fil des générations par des élites qui créent et enrichissent de bonne foi ou par intérêt un dogme qui devient indiscutable sous peine de mort, les rajouts sur les textes, les fausses traductions, les contre-sens font le reste.
 On ne peut sans doute plus du tout comprendre le système de pensée de ces peuplades, mais  tu ne vas pas me dire que chez les Aztèques il n'y avait pas des gens instruits qui s'insurgeaient contre les sacrifices humains censés nourrir la course du soleil. 
Chez les Egyptiens, les prêtres devaient bien rigoler en apprenant à leurs ouailles que Seth avait coupé son frère Osiris en morceaux recollés plus tard par Isis.
 De tous temps les guerres de religion ont fait des ravages : les partisans d'Amon contre les supporters d'Aton, les protestants contre les catholiques, les sunnites contre les chiites, les anglicans contre les papistes, j'en passe et des meilleurs. On n'a rien inventé de mieux pour se massacrer allègrement au nom d'un prétendu Dieu d'amour qui a même retenu la course du soleil pour que Josué puisse plus commodément massacrer les Amorites après la bataille de Gabaon.
   Eden ne pouvait s’empêcher de pousser la provocation encore un peu plus loin.
- Beaucoup de gens sont morts pour leur foi, les premiers martyrs ne se sont quand même pas laisser bouffer par les lions sans raison, les Romains se croyaient forts mais leur empire s'est effondré miné de l'intérieur par les chrétiens, revanche et victoire des faibles sur les forts.
   Tantine répondait avec une mauvaise foi évidente, ne craignant pas de contredire la vérité historique.
- Les religions minoritaires ont des martyrs, les majoritaires ont des bourreaux, ce sont les mêmes fanatiques interchangeables au gré des rapports de force. L'empire romain ne s'est jamais effondré, il a tout simplement été remplacé par l'église catholique qui a eu le génie de maintenir son emprise sur le monde  jusqu'à nos jours, non plus par des campagnes militaires mais par une idéologie extraordinairement efficace et conquérante.
- D'accord, mais c'est le passé, maintenant les hommes sont bien plus raisonnables.
- Tu m'énerves ma puce, sous nos yeux, Raël, Moon, les Scientologues, les Salafistes, inventent de nouveaux dogmes. Dans plusieurs siècles ceux qui auront survécu entraîneront peut être des milliards d'adorateurs à croire en leurs élucubrations "abracadabrantesques" comme dirait Chirac. Raël  prétend qu'il est issu des amours de sa mère avec un extra terrestre, ce qui amuse beaucoup sa génitrice qui sera peut être un jour promue au titre de mère d'un nouveau Dieu, belle fin de carrière tu ne crois pas?

- Oui et bien personnellement je serais plutôt du coté des philosophes. Certains, sans se prononcer sur la réalité de l'existence de Dieu, ont bien essayé de montrer l'absurdité du concept du divin tel que les hommes l'imaginent. Nietzche accusait même les hommes d'avoir tué le sacré. 

Sur les murs d'une université allemande un jour, quelqu'un avait écrit "Dieu est mort, signé Nietzsche". Le lendemain une main espiègle répondait "Nietzche est mort, signé Dieu". Le surlendemain une main non moins malicieuse concluait :
 "Dieu est mort, Nietzsche est mort et moi je ne me sens pas très bien."

Moi, le vieil Henri dit Henri l'Athée  je ne crois en rien, je vis comme je veux et je laisse vivre les croyants comme ils l'entendent, s'ils ont envie de se voiler, de s'interdire tous les plaisirs de l'existence libre à eux, mais c'est très impoli de refuser les cadeaux que leur dieu leur fait.                           Qu'ils aillent au paradis où parait-il beaucoup de vierges les caresseront mais qu'ils ne m'y attendent pas , je vais être en retard, je crois que je préfère aller en enfer avec deux où trois cochonnes  de ma connaissance hé hé .

samedi 21 novembre 2015

La secte des haschischins.

Bonsoir, c'est le vieil Henri.
Je ne vous avais pas oublié mais les circonstances ont fait que je n'étais pas libre ces derniers jours .
Un membre lointain de ma famille a été assassiné à la terrasse du restaurant " La fine équipe" à Paris,
c'était une jeune femme qui ne demandait qu'à vivre tranquillement.                                                    Souvenez vous dans un de mes articles j'expliquai pourquoi, s'il existe, Dieu ne pouvait pas intervenir dans les affaires des hommes. Il n'est pas intervenu.

Vous savez peut-être qu'au 11e siècle il existait une secte dirigée par un homme appelé " le vieux de la montagne " retranchée dans la forteresse d'Alamut, dans l'Iran actuel. Cette secte s'était rendue célèbre par la terreur qu'elle inspirait en envoyant partout des illuminés drogués au haschisch ( d'où viendrait le nom "assassin" semble-t-il ) exécuter des rois où des personnages importants. Dix siècles plus tard les mêmes causes, utiliser la crédulité découlant du fanatisme religieux, produisent les mêmes effets, tenter de prendre le pouvoir par la violence, les meurtres et la peur.

Après quelques jours de désarroi me revoici. La grandeur de notre espèce humaine dont ne font pas partie les monstres "haschaschins" , c'est cette capacité de se relever toujours et de dire non ! Moi le vieil Henri, je ne me coucherai pas, je vivrai, j'aimerai la vie jusqu'à mon dernier souffle, je regarderai passer avec la joie au coeur les jeunes femmes libres et  belles, si possible non voilées, alors je vais reprendre la narration des aventures d' Eden, humble contribution à notre rébellion salutaire.

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Eden vient d'être traumatisée par les révélations de sa tante sur son enfance, elle recouvre peu à peu la mémoire, Michel Ange la retrouve enfin.




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   Quand Michel Ange arrive le choc est rude. La Lara Croft espérée, repentante et douce comme une chatte s'est transformée en un magnifique fauve blond aux abois, froid et distant. Il n'ose pas la serrer dans ses bras malgré son envie gargantuesque, impressionné comme au premier jour, il ressent le même choc à chaque rencontre, elle est trop belle. Désarçonné il interroge.
- Tes beaux cheveux ?
- Coupés et teints à cause de toi.
- Tu me confortes dans mon idée que la seule chose que je comprenne chez les femmes c'est que je n'y comprends rien.
- Michel Ange, j'étais tellement déçue et écœurée par ton comportement. Une femme trahie est capable de tout, je voulais tout oublier: toi, Cannes, je voulais être une autre, ailleurs et autrement. Tous ces jours passés loin de toi m'ont changée, au lieu de me retrouver, je me suis définitivement perdue. Je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus comment faire pour devenir enfin moi même, pour trouver un semblant de paix et d'équilibre.
- Je suis là, maintenant je vais m'occuper de toi, je ne te décevrai plus jamais, fais moi confiance.
- Je ne sais pas si je peux, ce qui m'arrive dépasse tout ce que tu peux imaginer. Je crois que je suis malade, j'ai besoin de toi, je ne veux toutefois pas m'imposer dans ta vie, tu peux encore t'en aller.
- Que s'est il passé d'innommable que tu ne puisses pas m'expliquer par téléphone ?
   Il ne peut pas imaginer la réalité de ce qu'elle va dire, reste silencieux, s'attend à tout mais sûrement pas à ce qui suit.
 Elle lui raconte tout :
 Les cauchemars de la petite fille et de l'homme en noir, le serpent qui siffle dans sa tête, la scène de la chapelle où elle pensait l'avoir poignardé, ses fantasmes d'équipée sanglante dans le détail, son dédoublement de personnalité, les sorties de son corps, ses doutes sur la réalité de tout çà, l'aveu de son père, la mort de son frère, ses viols répétés, la discussion avec sa tante. Il ne peux pas la croire, c'est trop, il n'est pas outillé psychologiquement. Elle insiste.
- Je n'ai confiance et d'espoir qu'en toi. Je suis malade dans ma tête, les meurtres qui t'ont tellement inquiété... Je crois que c'était moi, je crois que j'ai tué ces gens, six personnes en tout.
- Ah bon, tu m'as fait peur, j'ai cru que tu ne m'aimais plus.
   Il est presque soulagé, comment pourrait il prendre la mesure exacte du problème.
- Je ne plaisante pas, assieds toi, commande t elle.
   M A s'affale sur le canapé avec une moue dubitative, écoutant sa belle.
- Je n'ai confiance qu'en toi, je n'ai d'espoir qu'en toi.
   La scène avec les Ecossais lui a procuré un gros pincement au cœur. « Elle me raconte çà pour me rendre jaloux. » Quand on montre la lune à un imbécile il ne regarde que le doigt, là M A est particulièrement stupide, la jalousie lui mord le ventre et muselle son cerveau. Il n'a retenu qu'une chose importante : Elle a fait l'amour avec UN autre, ce qui lui est insupportable, même si c'est lui qu'elle imaginait en elle et avec UNE autre ce qui l'excite beaucoup et lui ouvre des horizons. Les hommes quelquefois ne voient pas plus loin que le bout de leur sexe.
- Maintenant tu me crois ? Demande t - elle.
   Il corrige le pari de Pascal à son avantage, "si c'est faux çà m'arrange, si c'est vrai çà me dérange : conclusion : c'est faux". Sceptique il tergiverse.
- Tu dis toi même que tu n'en es pas sûre. Tu es épuisée, une bonne nuit de sommeil et demain tu ne penseras plus à tout çà, je te connais bien, tu es incapable de faire du mal à une mouche.

                                
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- Qu'auriez vous pensé à sa place ? Sa maîtresse disparait après une dispute et réapparait en lui annonçant 6 meurtres !!
- A sa place je serais partie en courant, je ne comprends pas qu'il soit encore là, mais il est plus à plaindre qu'à blâmer.
- Attendez la suite pour dire cela.

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 Eden voit rouge.
- Lève toi, je ne ferai peut être pas de mal à une mouche, mais je vais te montrer ce que je peux faire à un gros bourdon !
   Elle fouille dans son sac, sort le couteau à cran d'arrêt, l'ouvre, saisit  M A par les cheveux, le tire en arrière, bloque le bas de ses fesses avec son genou, lève le bras et mime le coup de couteau. Elle est forte comme un homme, si elle avait mené le geste à son terme, il serait mort.
- Bon, lâche moi maintenant, merci pour l'accueil chaleureux. Bougonne t il vexé.
   Ils sont maintenant face à face, une panthère contre un lion. M A rompt le silence le premier, il se frotte le front et les yeux, toujours pas convaincu.
- Je ne sais pas quoi penser. Tu te rends compte de ce que tu m'assènes sur la tête depuis mon arrivée. 

Si je résume, tu as été violée dans ton enfance par un frère inconnu jusqu'à ce jour, tu l'as poussé d'une hauteur de 6 mètres, il en est mort, ta famille proche ne t'a pas protégée.
 En réaction tu as voulu me poignarder dans une chapelle, tu as tué 6 personnes au hasard, eu des relations  sexuelles avec une femme, puis avec un homme et son épouse. Un serpent discute couramment avec toi et ce serpent n’est autre que le diable en personne puisqu’il est ton violeur de frère. A qui penses tu faire croire cette histoire, on nage en plein délire ? Moi qui voulais une retraite paisible je suis servi.

- Je suis encore une fois déçue de tes réactions, je me suis trompée sur toi, rentre dans tes foyers et profite de ta retraite. Tu n'as rien à voir là-dedans, je regrette de t'avoir dit tout çà, c'était du flan, un délire, une histoire pour écrire un livre, oublie tout ce que je viens de te dire.

- Femme de peu de foi, je ne vais sûrement pas te laisser tomber maintenant que tu as besoin de moi. Tu me connais suffisamment pour te douter que la retraite paisible ce n'est pas pour moi. Passer ma vie à jouer à la pétanque ou aux cartes avec des blaireaux ramollis, merci bien. De là à passer sans transition au statut d'ennemi public n°1, tu m'accorderas quand même cinq minutes pour m'adapter. Pour commencer arrête de me culpabiliser à tout moment avec tes déceptions de midinette, c'est indigne de toi et de nous. Je t'ai annoncé d'entrée de jeu que j'étais marié et si tu as eu des illusions et des frustrations ce n'est pas de ma faute. D'ailleurs je vais solutionner rapidement ce problème.
   « Il n'a toujours rien compris, il ne comprendra jamais » pense Eden. « Il croit encore que m'avoir annoncé sa situation d'homme marié l'autorise à ne pas me considérer comme la priorité de sa vie. »

vais solutionner rapidement ce problème.
 


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     MA toujours pragmatique enchaine.
- Soyons efficaces, revenons à nos fondamentaux.
   Il prend la direction des opérations mais au fond de lui il a la trouille. Sa décision était déjà pratiquement prise depuis plusieurs jours. 
Il sait qu'il va être obligé cette fois de faire un choix définitif :
 Soit il rentre chez lui au pays des retraités pour vieillir tranquillement où il pourra contempler jour après jour, impuissant, son déclin inéluctable et paisible, 
soit il reste avec cette femme sublime mais complètement dérangée qui va lui apporter une nouvelle jeunesse. Toutefois, lucide il pressent les problèmes innombrables que l'état mental actuel d' Eden va occasionner.
   Il est pris entre Charybde et Scylla, les deux monstres marins de la mythologie grecque qui obligeaient les navires à faire un choix entre deux catastrophes inévitables. En homme d'affaires, il évalue les incidences et les probabilités de résoudre cette crise en fonction de la véracité ou non du récit de sa belle panthère. Vrai ou faux, puisqu' Eden en est persuadée, il faudra faire avec. D'autre part, il faut bien avouer que les détails qu'elle donne sur tous ces meurtres sont troublants : soit elle a retenu toutes les précisions données par les médias, ce qui serait étonnant vu les capacités de sa mémoire, soit elle est bien responsable de tout.
   Dans sa tête, pour se rassurer il fait un prévisionnel des chances de sortir ensemble intacts de cette histoire dans la pire des configurations, c'est à dire dans l'hypothèse où tout serait vrai. Pour lui c'est jouable et il a tellement envie d'elle. Il a toujours été très raisonnable et calculateur mais cette fois il a trop souffert de l'absence de sa princesse, comprenant qu'il ne pouvait pas vivre sans elle, prêt à l'aimer envers et contre tous, à la défendre jusqu'au sang, à s'occuper d'elle en toutes circonstances, à la vie, à la mort.
   Victor Hugo avait anticipé son dilemme :
"Je ne sais pas si j'aimais cette dame
  mais je sais bien
 que pour un mot un regard de son âme
 moi pauvre chien
 j'aurais passé gaiement dix ans au bagne
 sous les verrous 
le vent qui vient à travers la montagne
 m'a rendu fou.                                                                                                                                                                                
   Le miroir du salon lui renvoie l'image d'un homme un peu âgé, pas trop ridé, encore en forme, mais combien de temps lui faudra t'il pour devenir un vieux con ? Ses cheveux sont maintenant plus blancs que gris, sa peau lui parait terne, son regard est éteint. Il ne peut que constater les dégâts causés par trois semaines d'absence de son adorée. C'est elle qui lui apportait le regain de jeunesse, elle qui le voyait  séduisant et le rendait si charismatique. Grâce à elle, il était un très bel homme, sans cette fontaine de jouvence, il n'est plus qu'un vieux beau. 

Et question vieux beau, moi le vieil Henri dit Henri le Charmeur j'en connais un rayon hé hé .





 

jeudi 19 novembre 2015

14 novembre. Les sanglots longs des violons de l'automne ...



Ce matin de novembre je me suis levé tôt. Dans I' air déjà doux  flottaient une odeur d'herbe coupée et de terre mouillée, mes poumons n'en pouvaient plus de bonheur et comble de plaisir, de la cuisine toute proche s'échappait un parfum divin de café fumant.
La journée promettait d'être belle, à midi je devais déjeuner en bord de mer avec un copain que j'apprécie pour parler un peu affaires, à 67 ans j'ai créé une petite société immobilière. J'aime bien manger avec lui, on parle de tout et de rien, on dit du mal des gens que l'on connait, on regarde les passants en se moquant un peu de certains et en s'extasiant sur certaines qui défilent en riant, les cheveux au vent.
Une tourterelle s'envola pesamment comme à regret. Je me suis secoué il fallait que je finisse de ramasser mes olives pour les emmener au moulin.
Ma femme m'a regardé tendrement rentrer, je crois qu'elle m'aime encore après 46 ans de mariage, pour moi elle est toujours aussi belle que le jour de 1965 où je l'ai rencontrée.
J'ai improvisé un petit poème dans ma tête, je fais ça très souvent :

l'odeur d'herbe coupée, du bon café qui fume
La voix de l'être aimé et ses mains sur ma peau
César pour être heureux aurait voulu la lune
mes plaisirs sont plus simples mon quotidien plus beau.

J'ai allumé la télé pour écouter les infos en buvant mon café, comme tous les matins et le ciel m'est tombé sur la tête.
129 personnes venaient d'être privées de leurs petits bonheurs minuscules, des enragés  avaient pris leurs vies gratuitement, pour rien, enfin je ne sais pas pourquoi, comme si ces vies leur appartenaient.                                                                                                                  
  Je me suis souvenu des vers de Brassens :

Je me demande pourquoi mon dieu, 
ça vous dérange que je vive un peu.                                                                                                          
Des forcenés voudraient m'enlever mes odeurs de terre mouillée et d'herbe coupée, de café fumant, d'huile d'olive, me priver du regard malicieux de mes petits-enfants Cerise, Ambre, Timothé, Mahé, Martin,  au nom d'Allah, Dieu, Jéhovah, Vichnou, ou autre nom d'un créateur hypothétique qui n'en demande pas tant . Comme si après avoir conçu mes enfants je demandai à l'un d'entre eux de tuer les autres !
La forme la plus aboutie de leur idéologie semble être la création d'un immense camp de concentration planétaire à ciel ouvert duquel tout plaisir serait banni.
C'est bizarre mais je me suis demandé comment on pouvait nommer ces fanatiques, il est important de donner un nom à ce qui nous échappe. 
                                                                            
 Leur donner des noms d'animaux serait une insulte pour ces derniers, les affubler de noms de démons serait leur faire beaucoup d'honneur, le diable a d'abord été un ange avant de déchoir et ce ne sont pas des fous furieux, les fous sont des humains malades.
 Je crois que comme les Nazis ils veulent nous déshumaniser, nous ravaler au rang de chose, alors peut-être faut-il les appeler  LE MAL.                                                                                    
Comme tout le monde j'ai été horrifié par cette manifestation du MAL, Chaque génération produit son lot de négateurs de l'humanité, je ne sais pas si cela est inhérent à notre génétique.                                                                                                                                                                Il ne sert à rien de parler AU MAL, il n'écoute pas, il ne peut pas entendre il n'est pas de la même espèce que nous. On ne peut pas le capturer, l'enfermer, il se reproduit par génération spontanée, sa seule raison de vivre c'est mourir en nous entraînant dans son néant.
. Il y aura des complotistes qui expliqueront qu'il s'agit d'un complot, il y aura des négationnistes qui nieront la réalité des assassinats, il y aura des idéologues qui justifieront le "combat" des meurtriers, jusqu'au jour où tout ce beau monde se retrouvera du mauvais côté du canon de la kalachnikov.  

Alors ce beau matin du 14 novembre 2015 j'ai pris conscience que notre monde avait changé, finies l'insouciance et la douceur de vivre.
Les sanglots longs des violons de l'automne
bercent mon cœur d'une langueur monotone.