Les bons comptes font les bons époux ( lisez toutes les histoires depuis la n°1 pour vraiment apprécier celle-ci )
Au sol gisaient des ciseaux et les morceaux découpés de ma chemise noire effrangée avec un scorpion blanc.
Je fis un rapide examen de
conscience:
- Je ne lorgnais pas plus que
d'habitude sur les jolies filles de passage dans notre beau sud.
- J'avais fait les courses de la
semaine sans oublier "la couleur" pour ses cheveux.
- Je l'avais bien embrassée avant de
partir.
- J'avais quitté mes chaussures de
marche avant d'entrer.
- Aucun sms compromettant n'occupait
la boite de réception de mon Samsung qui n'avait de toutes façons pas quitté ma
poche.
- J'avais ramené le pain sans
succomber à la tentation de manger le quignon, gourmandise qui lui était réservée
depuis toujours.
Je ne voyais donc pas ce qui justifiait une
telle hostilité muette et soudain la lumière se fit dans mon esprit :
Mon ordinateur était allumé sur mon
bureau et ouvert à la dernière page de ce recueil d'histoires courtes qui fait
votre bonheur.
L'animosité ne resta pas longtemps
sans voix.
- Viens un peu là, parle-moi de cette
Pocahontas, qu'est ce que c'est que cette histoire ( ce qui faisait beaucoup de
"que" dans une seule phrase).
Je plaidai non coupable, s'agissant
d'un roman je jurai ne pas avoir poussé le mari dans le ravin.
- Ne cherche pas à noyer le poisson,
je discute de choses sérieuses,(l'infidélité supposée étant manifestement bien
plus grave que le crime) qui est cette salope de belle métisse blottit contre
toi?
- Un personnage fictif.
- Ne me prends pas pour une idiote,
il y a longtemps que je te soupçonne d'avoir une maîtresse. Et la fille de la
chapelle, ne me dis pas que c'est une invention, j'en ai marre d'être trompée,
salaud, dommage qu'elle t'ait loupé ! Je vais t'en raconter des histoires de
princesse moi !
Je tentai de la rassurer tout en
essuyant les larmes rageuses coulant de ses yeux. Je risquai d'abord la
mauvaise foi :
- Si tu n'as pas confiance tu n'as
qu'à venir en randonnée avec moi.
La pauvrette avait bien essayé au
début mais renoncé rapidement, je marchais trop vite et trop longtemps.
Face à son indignation persistante
j'hasardai une explication, plus convaincante me sembla-t-il :
- N'oublie pas mon état d' écrivain,
ce sont des histoires imaginaires, la femme de Victor Hugo ne le traitait pas
de salaud lorsqu'il écrivait Les
Misérables.
Excuse bancale et exemple mal choisi,
le Victor en question écrivait d'une main et caressait Juliette Drouet de
l'autre, c'est de là que provient peut-être l'expression" taquiner la muse ". Il lui faisait également la
cuisine, un jour où elle n'avait pas honoré une invitation à déjeuner il lui
écrivit :
Si vous étiez venue ô belle que j'admire
Je vous aurais offert un repas sans rival
J'aurais tué Pégase et je l'aurais fait cuire
Afin de vous servir des ailes de cheval.
Si vous étiez venue ô belle que j'admire
Je vous aurais offert un repas sans rival
J'aurais tué Pégase et je l'aurais fait cuire
Afin de vous servir des ailes de cheval.
Abandonnons le cheval, revenons à nos moutons et à leur bergère qui ne les avaient pas rentrés bien qu'il pleuve de grosses gouttes d'incompréhension. Une sortie de gueule propre à satisfaire les deux parties fut négociée sur une base raisonnable, l'accord fut unilatéral elle décida :
- Tu vas m'effacer toutes ces
histoires et vite !
Je m'exécutai hypocritement sur le
champ, ayant eu soin depuis plusieurs jours de sauvegarder mes textes sur une
clé USB, grâce à cette précaution ce livre put tout de même exister.
Il eut été dommage que j'en fusse le seul lecteur, pour que mon plaisir soit plus grand il faut que je le partage.( Attention n'essayez pas de faire cela avec vos revenus, le coup du partage qui accroit la valeur des choses ne marche qu'avec la joie et le plaisir, quant à la multiplication des pains, pratiquée par une élite, elle n'est pas à la portée du premier lecteur venu.)
Il eut été dommage que j'en fusse le seul lecteur, pour que mon plaisir soit plus grand il faut que je le partage.( Attention n'essayez pas de faire cela avec vos revenus, le coup du partage qui accroit la valeur des choses ne marche qu'avec la joie et le plaisir, quant à la multiplication des pains, pratiquée par une élite, elle n'est pas à la portée du premier lecteur venu.)
Je pris finalement le parti d'être
flatté par ses accusations, quand on est jeune la jalousie de l'autre nous
excède, plus âgé on s'en trouve ravi puisqu'elle nous croit encore capable de
séduire.
Je tentai de la prendre dans mes bras, ses yeux projetaient des éclairs, elle me lança:
Je tentai de la prendre dans mes bras, ses yeux projetaient des éclairs, elle me lança:
- Pour ça
maintenant c'est deux cents euros et pour les perversités ce sera cinq cents
euros.
Malheur, elle avait tout lu et retenu
ce qui lui paraissait essentiel ! Je crois que mes vœux vont être exaucés
au-delà de mes espérances, je vais désormais être aimé pour mon argent mais
finalement cette option me rassure, c'est tout de même plus enviable qu'être
atteint d'une maladie dégénérative se
terminant par un " suicide " comme le fut le pauvre Christopher.
Cette histoire est extraite du livre :
Pour un exemplaire dédicacé, un contact ou accéder aux liens marchands :
site web - http://serge.boudoux.fr
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